AU ROI
Inséré en 1627 dans le RecÊteil des plmt èemux fwv , ce sonnet avait d*abord été imprimé en feuille Tolante. Pen ai trouvé à la Bibliothèque impériale on exemplaire au bas duquel se lit cette noie manuscrite, d*une écriture du temps : « Le Roi lui fit donnef 5oo écus le jour qu*il lui présenta ce sonnet* » Cette particulaiilé permet de dater la pièce, car dans une lettre de Malberbe à son cousin de Bouillon, en date du 38 février 1634 » on rencontre ce passage : c Je vous envoie demî-donzaine de copies d*un sonnet «|ne je doanai au Roi il y a cinq ou six jours.... L'effet qu'il a eu, c'a été einq cents écus que le Roi m'a donnés par acquit patent. »
Muses , je suis confus ; mon devoir me convie A louer de mon Roi les rares qualités; Mais le mauvais destin qu'ont les témérités Fait peur à ma foiblesse, et m'en ôte Tenvie.
A quel Front orgueilleux n'a laudace ravie 5
Le nombre des lauriers qu'il a déjà plantés ? Et ce que sa valeur a fait en deux étés , Alcide l'eùt-il fait en deux siècles de vie?
Il arrivoit à peine à l'âge de vingt ans , Quand sa juste colère assaillant nos Titans , Nous donna de nos maux l'heureuse délivrance.
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Certes, ou ce miracle a mes sens éblouis ,
Ou Mars s'est mis lui-même au trùne de la France,
Et s'est fait notre roi sous le nom de Louis.
POÉSIES, XCII. a6i
XGII
A MOlfSEIGIfErR LE CARBOAL DE RICHELIEU.
Malherbe éenTic probableflieiit oette pîèoe en i6i4» lorsque le cardinal de Richelieu entra (a6 avril) an conieii dn Roi. Elle parut d'abord en feuille volante, puis en 1637 dans le Recueil des pUu heaux vers.
A ce coup nos frayeurs n*auront plus de raison, Grande ftme aux grajiids travaux sans repos adonojée; ^Puis({ue par vos conseils la France est gouvernée, Tout ce qui la travaille aura sa guérison.
Tel que fut rajeuni le vieil âge d'Éson, »
Telle cette Princesse en vos mains résinée Vaincra de ses destins la rigueur obstinée ^ Et reprendra le teint de sa verte saison.
Le bon sens de mon roi m'a toujours Ëiit prédire
Que les fruits de la paix combleroient son empire, i «
Et comme un demi-dieu le feroient adorer;
Mais voyant que le vôtre aujourd'hui le seconde, Je ne lui promets pas ce qu il doit espérer. Si je ne lui promets la conquête du monde.
3. Ce vers est reproduit presque textuellement dans la pièce cxvi.
4. Vae. (feuille volante) : Tout ce qu'elle a de mal.... 6. Résinée, résignée.
a6a POÉSIES, XCIII.
XGIII
AU aoi.
Ménage tenait de Racan cpe ce sonnet , imprimé en 1627 dans le
Recueil des plus beaux vers, avait été composé en x 6a 4»
Qu*avec une valeur à nulle autre seconde, Et qui seule est fatale à notre guérison. Votre courage mûr en sa verte saison Nous ait acquis la paix sur la terre et sur Tonde ;
Que rhydre de la France en révoltes féconde, s
Par vous soit du tout morte, ou n^ait plus de poison, Certes c*est un bonheur dont la juste raison Promet à votre front la couronne du monde.
Mais qu'en de si beaux faits vous m'ayez pour témoin, Connoissez-le, mon Roi, c'est le comble du soin 10
Que de vous obliger ont eu les destinées.
Tous vous savent louer, mais non également ; Les ouvrages communs vivent quelques années; Ce que Malherbe écrit dure éternellement.
POÉSIES, XCIV. a63
xcnr
POUR LE MARQUIS DE LA VIEUVILLEy SUPERin TENDANT DES FUT ANGES.
soniriT.
Imprimé d*abord en feaille volante, pais en 1617 dans le Recueil des plus beaux vers, mais composé en 1634 s^u plus tard; car le marquis de la Vieuville, nommé en x6a3 surintendant des finances, ne garda qu*an an cette charge.
U est vrai, la Vieuville, et quiconque le nie Condamne impudenunent le bon goiit de mon roi ; Nous devons des autels à la sincère foi Dont ta dextérité nos affaires manie.
Tes soins laborieux, et ton libre génie, 5
Qui hors de la raison ne connott point de loi, Ont mis 6n aux malheurs qu*attiroit après soi De nos profusions Teffroyable manie.
Tout ce qu'à tes vertus il reste à désirer,
C'est que les beaux esprits les veuillent honorer.
Et qu'en Téteraité la Muse les imprime.
J^en ai bien le dessein dans mon âme formé; Mais je suis généreux, et tiens cette maxime. Qu'il ne faut point aimer quand on n'est point aimé.