PARAPHRASE DU PSAUME CXLV
En i859y parut dans le Bulletin du bièliopkile un article où rantenr, trompé par une indication erronée d*un manuscrit de la Bibliothèque impériale, voulait enlerer ces vers à Malherbe et les donner à liathnrin Régnier. Il n'avait point fait attention que cette ode, qui depuis deux cent trente ans figurait sans contestation dans toutes les éditions de Malherbe, avait été publiée du vivant même du poète et avec son nom, en 1637, dans le Recueil des plus beaux vers; et que, de plus, comme on le veira dans les notes, on connaissait par Racan différentes particulantés relatives à sa composition. Ainsi, il ne peut y avoir de doute : U pièce est bien de Malherbe, et le style seul suffirait, au besoin, pour démontrer qu'elle n'a jamais pu sortir de la plume du satirique.
Le psaume oxlt commence ainsi : Lauda, anima mea, Dominum, Malherbe n'en a paraphrasé, et très-librement, que les trois premiers versets.
PT espérons plus, mon âme, aux promesses du monde ; Sa lumière est un verre, et sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer. Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre;
C'est Dieu qui nous fait vivre, 5
C'est Dieu qu'il faut aimer.
3. Racan ayant objecté à Malherbe, dit Ménage, que dans ce vers rien ne se rapportait au premier hémistiche du vers précédent, le poète se rangea à son avis, • et sur l'heure même et en sa présence, » il changea ainsi ce passage :
Son état le plus ferme est l'image de l'onde Que toujours quelque vent empêche de calmer.
Mais , comme on le voit d'après le Recueil de 1637 et l'édition de i63o, il en revint à sa première rédaction.
MALHVBBa. 1 18
En vain pour satisfaire à nos lâches envies,
Nous passons près des rois tout le temps de nos vies
A souffirir des mépris et ployer les genoux.
Ce qu*ils peuvent n*est rien ; ils sont conmie nous sommes,
Véritablement hommes,
Et meurent conmie nous.
Ont-ils rendu Tesprit, ce n est plus que poussière Que cette majesté si pompeuse et si fière Dont Féclat orgueilleux étonne Tunivers ; 1 5
Et dans ces grands tombeaux, où leurs âmes hautaines
Font encore les vaines,
Ils sont mangés des vers.
Là se perdent ces noms de maîtres de la terre, D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre ; ao
Conmie ils n ont plus de sceptre, ils n'ont plus de flatteurs ; Et tombent avec eux d'une chute commune
Tous ceux que leur fortune
Faisoit leurs serviteurs.
9. Malherbe, à ce que dit Ménage, avant de s'arrêter à cette dernière forme, arait écrit ce vers des deox manières suivantes :
A sooffirir leurs mépris et baiser leurs genoux. — Et comme des autels adorons leurs genoux.
i5. Vab. (éd. de if)3i) : Étonnoit l'univers.