‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 194 sur 259 · LES LARMES DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

LES LARMES DE SAINT PIERRE

c Se de la gratia tua, che' miei demeiti M' hanno tolta (dicea) mi resta tanto, Padre del ciel ; che di toccar' io merti Il terren tocco dal tuo piede santo; Poiche' ndegno son fatto di vederti:

(E tutta via crescea ne gli occhi il pianto) Se l'amor mio giamai caro ti fue; Famroi morir sopra qnest' onne tue.

« Orme felici, e da quel piè stampate» Di coi sendron lieve, e dolce incarco, L'accpie, che furo à tanto honor degnate ; Gom' lior vi vedo in terra, cosi carco Di meraviglia, io v'ho spesse fiate Viste nel mare : e voi seguendo, il varco Hebbi ; e la Fe mi fè, dov' altri afibnda, Indorar sotto i piè la liqnid' onda^ »

PIANTO QUIMTO.

La cara à malfattori ombra notturna, Da se sgombrava il Mondo; dal cui destro Lato Taurora uscia, di lagrime uma Versando innanzi al giorno, e non canestni Di vaghi fîor, con la sua mano eburna, Macchiata il volto di vapor terrestro ; E'I biondo crine^ ond' ella indora il cielo Avolta d'atro, e nubiloso vélo.

I . Comparez ces cinq stances avec les vers 271 -3a4y p. 1 4, 1 5 et i

33o APPENDICE.

n Sol vema appo lei, corne persona,

Oie va dove altri à fona la sospinge:

E qaanto sfena l'altre volte, e sprona

I suoi destrier, tant' hor gli affrena, e stringe;

Torbido gli occhi, e senza la corona

Di chiari rai, che l'anree chiome cinge;

Sdegnando haver di raggi il capo avinto,

Qoando di spine, il suo fattor Tlia cinto.

L'aer di nebbia grave à gli occhi infesto, Sembrava d' ogni intomo infetto, ed egr6 : Ogni aogelletto, ch' à quel tempo desto, Sdatar suole il giorno in rami allegro ; Tacito apparve in ramo, o in siepe mesto, Odiando con il Chiaro, corne il Nero, E 'n veoe saa per gli antri, e per le mpi S'udian pianger buboni, ed nrlar Inpi.

Crebbe il dolore, e crebbe la vergogna Nel cor di Pietro, à Tapparir del giorno ; E benche non vegga altri, si vergogna Di se medesmoy e di cio c'ha d'intomo; Ch' d magnaDimo spirto non bisogn.

La vista altnu, per arrossir di scomo * Ma di se si vergogna talhor, ch' erra; Se ben no'l vede altro, che cielo» e terra ^

I . Comparez cet quatre ttanoes avec les Yen 36i à 398, p. 1 7 et 18.

INSTRUCTION DE MALHERBE A SON FILS. 33i

ursTRUCTioir de f. de Malherbe a son fils.

M. Roax-Alpheran , dans ses Recherches 6iographiques sur Mal" herbe fi84o), a le premier fait connaître cet écrit , qui, sans aToir aacnne Talenr littéraire, donne de curieux renseignements sur quelques points de la yie du poète. Quelques années plus lard (1846), M. Ph. de ChenncvièrM en a publié le texte complet, diaprés le SMauscrit de la Bibliothèque d*Aix signalé par M. Ronx- Alpberany et qui n'était malheureusement qu'une copie pleine de fautes de tout genre. Le texte que nous reproduisons ici a été oolk* tionné par nous sur le manuscrit autographe de Malherbe oonserré à la Bibliothèque de Carpentras , et dont les éditeurs précédents avaient ignoré l'existence. Cest un petit in-8^| doré sur tranche, relié en parchemin et coté n^ aoi. Sur la garde on lit : Généedogie de Mal" herbe Saini'Aîgnan, MM. Roux-Alpheran et de Chennerières ont donné à cet opuscule le seul titre qui lui couTÎnt, et nous le lui

Il y a d'autres que nous qui portent le nom de Malherbe en Normandie, mais à la distinction de ceux-là nous nous appelons Malherbe de Saint- Agnan.

La terre de Saint-Agnan, à cinq lieues de Caen, du côté du Bocage, n'est plus aujourd'hui à notre maison, quoique toujours elle s'appelle Saint- Agnan-le-Malherbe. Elle fut vendue par l'un de nos prédécesseurs pour le voyage de la terre sainte.

Plusieurs autres terres portent encore le nom de notre maison, comme Neuilly-le -Malherbe^ et autres, et toutefois ne sont plus à nous; les unes ayant été aumônées* aux églises, comme Bléville, par Fouques Malherbe , à l'abbaye de Caen, comme il se voit par la fondation; les autres vendues, et les

1. Neuillv-le-Malherbe, dans l'arrondissement de Caen. 3. Données en aumône.

autres , par mariages , passées en maisons étrangères , comme celle de Jony, en Picardie, fut par une fille de notre maison, avec plusieurs autres , emportée en la maison de Pellevé, où elle est encore aujourd'hui.

En la chronique de Normandie, il y a un chapitre exprès des seigneurs, princes, chevaliers et barons qui accompagnèrent le duc Guillaume à la conquête d'Angleterre, entre lesquels est la Haye Bfalherbe , d'où nous sommes sortis, lequel étoit baron de la Haye en CQtentin; et parce que l'on pourroit dire que ce pouvoit être de l'autre race des Malberbes que l'on appelle Malherbe de la Meausse, cela se résout pour nous» parce que le duc Guillaume ayant fait peindre toutes les armoiries des maisons illustres qui l'avoient suivi au voyage d'Angleterre, les nôtres se trouvent en ce nombre tant en une salle de l'abbaye de Saint-Étienne de Caen, qui est de sa fondation, qu'en une de l'abbaye de Saint-Michel au rivage de la mer, en la basse Normandie. Nos armoiries sont d'argent à six roses de gueules et des hermines de sable sans nombre.

Il se trouve force documents de notre maison en la chambre des comptes de Paris, et en celle de Rouen, en plusieurs fondations d'églises , et ailleurs en beaucoup de maisons nobles avec lesquelles nous avons eu alliance par le passé, comme de Nocy, Pellevé, Tesson et autres.

Mon père peut aujourd'hui posséder six ou sept cents écus de rente, selon l'estimation que plusieurs fois j'en ai oui faire, et même dernièrement quand je partis de Normandie au mois de décembre 1 699.

Mon grand-père étoit cadet de sa maison. Son aine étoit seigneur de Mondreville, Merville et plusieurs autres terres.

Ma grand'mère paternelle étoit de la maison d'Elbeuf ^ où il y avoit alors cinq ou six terres nobles, desquelles, par mauvais ménage, il en est bien à peine demeuré une aux mains de l'héritier.

Ma mère s'appelle Louise le Yallois, fille de Henri le Vallois, seigneur d'Ifs, à demi-lieue de Caen, et de demoiselle Catherine le Joly, héritière de plusieurs biens roturiers tant à Bréteuille la Pavée qu'à Louvigny.

De ce Henri le Vallois, sieur d'Ifs, et de ladite Catherine le Joly sortirent plusieurs enfonts, desquels ceux que j'ai vn^

sont : Louise le Vallois, ma mère, Jean le Vallois, Charlotte et Marie le Vallois.

Charlotte et Marie sont tontes deux décédées, Charlotte sans enfants. Marie, mariée au sieur de Maizet, a laissé un seul fils, marié aujourd'hui à une des filles de Fontaines-Estoupefour.

Jean le Vallois, sieur d'Ifs, leur frère et mon oncle, fut en premières noces marié avec une sœur du sieur de Lamberville, maître des requêtes, et depuis l'un de ses héritiers.

De ce mariage étoit sortie Marie le Vallois , fille unique, qui mourut un quart d'heure après sa mère, l'an 1687, ce me semble.

Mon oncle se remaria avec demoiselle Jeanne de Mainbe« ville, sœur et l'une des héritières du sieur de Comiers.

De ce mariage sortit une fille qui est aujourd'hui mariée avec François de Malherbe , sieur de Bouillon et d'Escorchebeuf , qui est l'aîné de notre maison. Elle peut avoir aujourd'hui seize ans. Son père mourut peu de temps après qu'elle fîit née, si bien qu'elle est demeurée seule héritière de ladite terre d'Ifs et des biens assis à Bréteuille la Pavée, qui avoient appartenu à ladite Catherine le Joly, sa grand'mère et la mienne. Dieu la fasse vivre et lui donne des enfants. Si elle n'en avoit point, mon cousin de Maizet , sorti de ladite Marie le Vallois, dont j'ai fait mention, et nous, en serions héritiers. S'il n'y avoit autre bien que le noble, nous l'emporterions par-dessus mondit cousin de Maizet, parce que nous sommes de Louise le Vallois, fille aînée dudit Henri le Vallois, sieur d'Ifs, et encore l'emporterois-je au préjudice de mon frère, parce que je suis son aîné, et le premier de tous les enfants sortis du mariage de mesdits père et mère.

Nous avons été neuf enfants : François, Jeanne, Éléazar, Pierre, Josias, Marie, Jeanne, Etienne et Louise.

Jeanne la première, Josias et Etienne, sont morts en enfance. Pierre mourut à Lisieux, au retour du siège de la Fère*. Je crois que lors il n'avoit que dix-sept ou dix-huit ans.

La seconde Jeanne décéda il y a environ huit ou neuf ans, et a laissé plusieurs enfants mâles, ayant été mariée avec le sieur Fauconnier, trésorier de France.

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