‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 237 sur 259 · I. Malberbe écrit U Pau · texte numérisé non relu

I. Malberbe écrit U Pau

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leurs villes , et même avoit délivré plusieurs de leurs habitants, qui étoient esclaves entre les mains des ennonis. Minutius, qui sentit que s*il s'aheurtoit à son afiire, il auroit tout le sénat à combattre, se contenta d^en biie un simple récit, et s*en alla triompher au mont Alban. U disoit que comme consul il le pouvoit fiiire; et d'aiUenn (pi 'il en avoit l'exemple de plusieurs grands personnages, qui en semblable refus avoient usé de semblable remède. Cornélius étoit encore en Tannée de son consulat quaod il fit son triomphe. Il y fit porter tout plein d'enseignes et de dépouilles sur les mêmes chariots qu'il avoit pris. Plusieurs seigneurs de marque y forent menés, entre les* quels il y en a qui nonmient Amilcar, capitaine de Carthage. Ce qu'il y eut en cette montre de plus r^ardé, fot une troupe de Crémonois et de Plaisantins, qui en habit d'affranchis voulurent marcher après son chariot. Il mit à l'épargne trente-quatre mille cinq cents quatre-vingtseize livres quinze sols, et donna à chaque homme de pied trente-cinq sols, à chaque homme de cheval soixante et dix, et à chaque capitaine cinq livres cinq sols. IMCnutios triompha des Liguriens et des Boïes au mont Alban. Son triomphe, et pour le lieu, et pour les faits d'armes, et encore pour la dépense, que l'on savoit assez qu'il avoit faite de ses propres deniers, ne fut pas a beaucoup près si honorable que celui de Coméhus. Il mit à l'épaigne dix-neuf mille six cents cinquante hvres. Quant aux gens de guerre, il leur donna les mêmes sonmnes que son compagnon leur avoit données.

XXrV. Le triomphe passé, il fut question de trs* vailler à la création des consuls. Furius Purpuréo et Claudius Marcellus le furent. Le lendemain furent faits préteurs Fabius Butéo, Sempronius Longus, Minutius Thermus , Acilius Glabrio , Apustius FuUo et Caïus Lélius. Sur la fin de l'année, (^inûus écrivit à Rome,

qu^en Thessalie il s'étoit battu avec Philippe et Favoit défait. Ses lettres furent premièrement lues au sénat par le préteur Sei^us, et puis par le commandement du sénat en l'assemblée du peuple. Pour ce bon succès, il fut ordonné que durant cinq jours il seroit fait pro« cessions générales. Bientôt après arrivèrent des ambassadeurs de Philippe et avec eux quelques députés de Titus Quintius. Les gens de Philippe furent logés et traités hors de la ville en une maison qui est à la République. Pour les ouïr, le sénat fut assemblé au temple de Bellone. Il ne s'y fit pas de grands discours, pource que les Macédoniens déclarèrent que le roi leur raattre feroit tout ce qui plairoit au sénat. Là-dessus, suivant Tancienne coutume, il fîit ordonné qu'il iroit dix commissaires sur les lieux, pour avec Quintius aviser à quelles <x>nditions on accorderoit la paix à Philippe, et fut dit expressément que Publius Sulpicius et Publius Yillius, qui en Tannée de lem* consulat avoient eu leur département en la Macédoine, seroient du nombre des députés. Le même jour ceux de Cosse ayant présenté requête pour avoir une crue d'habitants, il leur fut permis d'en prendre jusques à mille, pourvu que ce ne filt point de ceux qui depuis le consulat de Lucius Cornélius et Titus Sempronius avoient porté les armes contre les Romains. XXY . Cette même année les édiles curules, Cornélius 'Scipio et Manlius Volso, firent faire les jeux romains au cirque et sur l'échafaud. Comme ils n'avoient jamais été faits avec tant de dépense, aussi pour les bonnes nouvelles que de tous côtés l'on avoit eues ils n'avoient jamais été regardés avec tant de plaisir. Ils furent refaits par trois fois. Ceux du menu peuple furent faits par Acilius Glabrio et Caïus Lélius, et réitérés par sept fois. Us dédièrent aussi de l'argent des amendes trois images, l'une à Cérès, l'autre à Bacchus, et la troisième à Proserpine.

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Aussitôt que les nouveaux consuls furent en exerrâoe, la première affaire qu*ils mirent sur le tapis fut le département des provinces. Le sénat vouloit qu'ils doneumssent tous deux en Italie. Marcellus, qui avoit envie d'être employé en quelque province, demanda que la Macédoine fot tirée au sort avec l'Italie, pource qu'à son dire la paix faite avec Philippe n'étoit qu'une paix simulée, et que si une fois les Romains étoient de retour en Italie, il ne demeureroit en repos que jusques à la première commodité qu'il auroit de remuer. Le sénat ne savoit ce qu'il en devoit dire. Et peut-être que les consuls eussent emporté ce qu'ils desiroient, n'eût été que les tribuns du peuple protestèrent de n'y consentir jamais qu'ils n'en eussent parlé au peuple, et qu'il n'eût déclaré qu'il le vouloit et qu'il le commandoit. On s'assembla donc pour cet effet au Capitole. Les trente-cinq tribus furent toutes à la paix. Leurs volontés qui y étoient portées d'ailleurs, y furent grandement confirmées par la triste nouveUe qui vint d'Aragon, que l'armée du proconsul Sempronius Tuditanus a\oit été toute défaite; qu'en ce combat il étoit demeuré tout plein de personnes d'importance et qu'il y avoit lui-même été tellement blessé, qu'il en étoit mort incontinent après. Les deux consuls eurent l'Italie pour leur département, et fut arrêté qu'avec l'armée qu'avoient eue les consuls de l'année précédente ils lèveroient encore quatre légions, detix pour servir où le sénat ordonneroit , et deux qui seroient baillées à Quintius , avec lesquelles et ce qu'il avoit déjà il demeureroit encore un an en Macédoine, dont pour cet effet le gouvernement lui seroit continué. XXVI. Cela fait, les préteurs firent leurs départements au sort. Apustius eut la juridiction de la ville, Glabrio oeUe des étrangers, Butéo l'Andeiousie, Minutius Thermus r Aragon , Lélius la Sicile, et Sempronius Longus la ii

daigne ; et fut ordonné que des quatre légions que les consuls auroient le\ ées, ils en bailleroient les deux que bon leur sembleroit à Butéo et à Minutius pour faire la guerre en Espagne, et qu'avec cela et quatre mille hommes de pied, tant des Latins que des alliés, ils s'en iroient à leurs charges le plus tôt qu'il leur seroit possible. Il y avoit alors cinq ans qu'une guerre que l'Espagne et Carthage faisoient ensemble contre les Romains avoit été assoupie. Quant à celle-ci, eUe se pouvoit dire une guerre nouvelle, d'autant que c'étoit la première fois que l'Espagne sans soldat ni capitaine de Carthage avoit pris les armes en son propre nom. U fut donc arrêté que devant que les préteurs allassent à leurs charges, ni les consuls aux leurs, il seroit fait des sacrifices, pour l'expiation des prodiges dont on avoit nouvelles de tous côtés. Comme Lucius Julius, chevalier romain, s'en alloit aux Sabins, lui et son cheval avoient été tués de la foudre. Le feu du ciel étoit tombé sur le temple de Féronie au terroir de Capène. En celui de Monète le feu s' étoit pris aux fers de deux piques. Un loup, qui étoit entré dans Rome par la porte Esquiline, étoit venu jusqu'à la place du marché par les endroits de la ville les plus fréquentés, et tout du long de la rue Tusque et puis de la Mélienne s'en étoit retourné par la porte Capéne presque sans avoir été iîrappé. Tout cela faisant croire que les Dieux étoient courroucés; pour les apaiser on leur sacrifia les grandes victimes accoutumées en semblables occasions.

XXVU. Au même temps Cornélius Lentulus, qui devant Sempronius Tuditanus avoit eu le gouvernement d'Aragon, triompha par ordonnance du sénat. Il fit porter devant lui deux mille deux cents soixante et douze marcs et demi d'or, trente mille marcs d'argent, et en espèces la valeur de huit mille six cents trentesept livres dix sols. Stertinius à son retour d'Ande-

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loasie mit à l'épargne soixante et quinze mille marcs d'argent, et de son butin fit £aiire deux arcs en la place aux Bœufs, Fun devant le temple de Fortune, l'autre devant la mère Matute , et encore un troisième au grand cirque, sur chacun desquels il fit mettre une image de bronze doré; et avec tout cela , il ne daigna pas seulement ouvrir la bouche pour demander le triomphe. C'est à peu près ce qui se faisoit durant l'hiver. Quintius étoit alors * à Athènes, où de toutes pails les alliés hii venoient iaire des requêtes. Les Béotiens lui en firent une , que ceux de leur nation qui avoient porté les armes pour Philippe pussent revenir en leurs maisons. Il la leur accorda facilement; non pas qu'il les en estimât dignes , mais pource que Antiochus donnant déjà de l'ombrage, il étoit expédient d'acquérir aux Romains la bienveillance des communautés de la Grèce. Les bannis des Béotiens n'eurent pas eu sitôt leur rappel de ban , qu'ils firent vpir le peu de gré qu'ils en savoient à celui qui le leur avoit donné. Car ils envoyèrent remercier Philippe, comme s'ils lui en eussent eu l'obhgation, et non pas à Quintius. Qui plus est, en la prochaine création de leurs ofiiciers, ils firent leur capitaine général un Barcvhis, pour la seule considération qu'il avoit été chef des Béotiens en l'armée de Philippe. Zeusippe, Pisistrate, et quelques autres qui les avoient portés à s'allier avec les Romains, se piquoient grandement de cette élection, comme d'un affront qui leiur étoit iait. Toutefois le sentiment du présent ne les touchoit point conmie l'appréhension de l'avenir, quand ils se représentoient ce que vraiseml^lablement on leur feroit lorsque les Romains seroient en Italie , et que Philippe qui étoit leur voisin auroit à toutes heures la commodité d'assister ses amis, et

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