I . Dans le texte latin : trabes
lités, vu même que dans le ciel toules choses n^ont pas une semblable couleur, niais la rougeur de la canicule est plus éclatante, celle de Mars plus foible, et quant à Jupiter il n*en a du tout point, mais reluit simplement d*une lumière toute pure. U est donc nécessaire qu'en la grande abondance de tant de petits corps, «jui sortent de la terre et montent en haut, il en arrive aux nues quelques-uns propres à la nourriture du feu, qui se peuvent embraser ou par une collision, ou même au simple sentiment qu'ils ont des rayons du soleil; car ici-bas même nous voyons que la paille couverte de soufre s^allume par la présence d'un feu qui ne la touche point. Il est donc vraisemblable que telle matière s'étant assemblée dans les nues se peut aisément allumer, et qu'il en peut sortir des feux ou plus grands ou plus petits, selon que les forces en sont ou plus grandes ou plus petites ; car c'est la plus grossière ignorance du monde, de penser que les étoiles tombent, ou aillent de place en autre, ou qu elles puissent rien perdre de ce qu'elles ont; d'autant que s'il étoit ainsi, c'est chose certaine qu'elles ne fussent plus il y a longtemps ; car il ne se passe pas une nuit que plusieurs d'eutre elles ne semblent cheminer, et être tirées l'une d'un côté l'autre de l'autre. Et toutefois on les retrouve toujours en leur place accoutumée, et avec une même grandeur. U s'ensuit donc que ces feux naissent au-dessous d'elles, et qu'ils s'évanouissent bientôt, comme n'ayant aucun fondement ni demeure qui leur soit assurée. Pourquoi donc ne les voit-on cheminer de jour? Que seroit-ce si je vous disois que de jour il n'est point d'étoiles, pource qu'on ne les voit point? Tout ainsi qu'elles se cachent, et sont offusquées de la splendeur du soleil , ainsi n'est-il pas impossible qu'il erre de ces feux par le ciel en plein midi, mais à cause de la clarté du jour ils ne se découvrent pas. Et si quelquefois