‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 85 sur 259 · Vah. (D) : Ainsi perdit tout réconfort · texte numérisé non relu

Vah. (D) : Ainsi perdit tout réconfort

10- 13. Alcyone, fille d'Éole; son époux Céyx ayant péri dans un naufrage, elle se précipita dans la mer, et Thétis les changea tous deux en alcyons.

Qai témoignez du sentiment ,

O trop fidèle Caritée : z 5

En tontes ftmes Tamitié,

De mêmes ennuis agitée,

Fait les mêmes traits de pitié.

De combien de jeunes maris

En la querelle de Pftris a o

Tomba la vie entre les armes ,

Qui fussent retournés un jour,

Si la mort se payoit de larmes,

A Mycènes (aire Tamour!

Mais le destin qui fait nos lois , !> 5

Est jaloux qu'on passe deux fois

Au deçà du rivage blême;

Et les Dieux ont gardé ce don ,

Si rare, que Jupiter même

Ne le sut &ire à Sarpédon. 3 <•

Pourquoi donc si peu sagement, Démentant votre jugement ,

i3-i8. Vab. (D) :

Vous n'étiez seule en ce malheur, Qui témoigniez de la douleur, Belle et divine Caritée :

En toutes âmes l'amitié.

Des mêmes ennuis agitée, Sent les mêmes traits de pitié.

3o. Vak. (P) : Ne le put....

On connaît dans la Fable deux héros du nom de Sarpédon. Tous <leiu avaient pour père Jupiter, qui accorda à Tun (fils d'Europe) de nvre trois âges d'homme, et qui ne put sauver l'antre (fils de Laoda- Ue), tué par Patrocle au siège de Troie.

3a. Van. p et E) :

Trompant votre beau jugement.

Mauisuib. I i

Passez- vous en cette amertume

Le meilleur de votre saison ,

Aimant mieux plaindre par ooutuiM , 3 5

Que vous consoler par raison?

Nature fait bien quelque effort ,

Qu'on ne peut condamner qu a tort;

Mais que direz-vous pour défendre

Ce prodige de cruauté, 40

Par qui vous semblez entreprendre

De ruiner votre beauté ?

Que vous ont fait ces beaux cheveux ,

Dignes objets de tant de vœux ,

Pour endurer votre colère ? 4 5

Et devenus vos ennemis ,

Recevoir Tinjuste salaire

D'un crime qu'ils n'ont point commis?

Quelles aimables qualités

En celui que vous regrettez 5 o

Ont pu mériter qu'à vos roses

Vous ôtiez leur vive couleur.

Et livriez de si belles choses

A la merci de la douleur?

36. Dans les deux éditions D et E, de 1600 et de i6o3, cette stance était suirie de celle-ci, qui terminait la pièce et que Malherbe a complètement modifiée lorsqu'il a ajouté mx stances nouTelles (voyez plus loin vers 69-72) :

Quelle injustice faites-vous

Aux yeux que tous aures si doux.

Quand vos orages seront calmes,

De refuser de les guérir

Et ne les apprêter aux palmes

Qu'ils brûlent de vous acquéijju-!

Remettez-vous T&me en repos , & 6

Changez ces funestes propos ;

Et par la fin de vos tempêtes,

Obligeant tous les beaux esprits ,

Conservez au siècle où vous êtes

Ce que vous lui donnez de prix. ()o

Amour autrefois en vos yeux

Plein d appas si délicieux ,

Devient mélancolique et sombre,

Quand il voit qu'un si long ennui

Vous fait consumer pour une ombre 65

Ce que vous n'avez que pour lui.

S*il voua ressouvient du pouvoir Que ses traits vous ont (ait avoir, Quand vos lumières étoient calmes, Permettez-lui de vous guérir, : o

Et ne différez point les palmes Qd'îI brûle de vous acquérir.

Le tcmpa d'un însensibk cours

Nous porte à la fin de nos jour»;

C'est à notre sage conduite , : 5

Sans mmmurrr de ce défaut,

De nous consoler de sa fuite,

En le ménageant comme il fiiut.

^. Vos iumièreSf vos yeux. C*oit le lumina des Ijatins.

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