A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
tOVIlBT.
La date de ce sonnet (imprimé pour la première fois en i6i5y dam les DéUces de la poésie fnmcoue) ne peut être fixée oue d*une manière approximative. — Henri IV eut trois filles : Elisabeth, Ghrestienne (ou Christine) et Henriette. Puisque Malherbe parle dans ses vers des saurs du Dauphin, il est évident qu*ils ne peuvent avoir été écrits avant le lo février 1606, date de la naissance de la ieoonde. En outre , il y fait mention de propositions de mariage , et, dans une lettre écrite à Peiresc le si septembre 1609, il raconte que le président Richardot, ambassadeur de Philippe IH, c étoit venu parler de quelque mariage des en&nts de France et d'Espagne. » H serait donc fort possible que le sonnet fût de la fin de 1609 ou du commencement de 1610.
Que rhonneur de mon prince est cher aux destinées! Que le Démon est grand qui lui sert de support ! Et que visiblement un favorable sort Tient ses prospérités Tune à l'autre enchaînées!
Ses filles sont encore en leurs tendres années , Et déjà leurs appas ont un charme si fort , Que les rois les plus grands du Ponant et du Nord , Brûlent d'impatience après leurs hyménées.
Pensez à vous, Dauphin, j'ai prédit en mes vei-s
9. Voyez les deux Sonnets au Roi de Tannée 1607 et TOde sur la prise de Sedan (Pièces xxi, xxnr et xxv).
POÉSIESp L. 173
Qae le plus grand orgueil de tout eet univen, i o
Quelque jour à vos pieds doit abaisser la tète;
Mais ne vous flattez point de ces vaines douceurs, Si vous ne vous hâtez d'en &ire la conquête, Vous en serez firustré par les yeux de vos sœurs.
PLAINTE SnR UNE ABSENCE.
STAHGBS.
Suivant Ménage, Malherbe fit cette pièce en Bourgogne et pour lui-m^me. Elle fut imprimée, en i6i5, dans le» Délices de la poésie françoise; mais, comme on le voit diaprés la huitième stance, elle avait été composée avant la mort de Henri IV.
Complices de ma servitude,
Pensers où mon inquiétude
Trouve son repos désiré , Mes fidèles amis, et mes vrais secrétaires , Ne m^abandonnez point en ces lieux solitaires ; 5
C^est pour Tamour de vous que j'y suis retiré.
Partout ailleurs je suis en crainte ;
Ma langue demeure contrainte ;
Si je parle c'est à regret; Je pèse mes discours , je me trouble et m'étonne ; i ..
Tant j'ai peu d'assurance en la foi de personne; Mais à vous je suis libre , et n'ai rien de secret .
Vous lisez bien en mon visage Ce que je souffre en ce voyage.
Dont le ciel m'a voulu punir ; Et savez bien aussi que je ne vous demande,