l/Anio. Voyez. xx\ii, ii
19. Titre de la strophe jv. U AiV]ectif Cumée pourrait s'appliqaer luul aussi bien à la sibylle de C urnes [Cumae] en Campanie, qu'à la sibylle (très- contestable) de Cume [Cuma, Crme), en Eolic, qu'il désigne
L'Erythrée. .
POUR LE BfÈME SUJET.
Taisez- VOUS, funestes langages, a 5
Qui jamais ne faites présages
Où quelque malheur ne soit joint;
La discorde ici n'est mêlée,
Et Thé lis n'y soupire point
Pour avoir épousé Pelée. 3o
La Samienne.
POUR LE ROI
Roi que tout bonheur accompagne ,
Vois partir du côté d'Espagne
Un soleil qui te vient chercher;
O vraiment divine aventure,
Que ton respect fasse marcher 3 5
Los astres contre leur nature!
La Cumane.
POUR LE ROI
O que rheur de tes destinées
Poussera tes jeunes années
A de magnanimes soucis;
El combien te verront épandre 40
De sang des peuples circoncis
Les flots qui noyèrent Léandre !
réellrment ici. Mais l'adjectif à désinence latine Cumanê (voyez la strophe vu) ne peut s'appliquer qu'à la première.
:\i. L'Hellespont, que Léandre traversait toutes les nuits à la nage, et où il se noya dans une tempête.
moo POÉSIES, LVIII.
U Hellespontique .
POUR LE ROI
Soit que le Danube t'arrête ,
Soit que TEuphrate à sa conquête
Te fasse tourner ton désir, 4 5
Trouveras-tu quelque puissance ,
A qui tu ne fasses choisir
Ou la mort, ou robéissance?
La Phrygienne,
POUR JJk REms.
Courage, Reine sans pareille :
L'esprit sacré qui te conseille 5o
Est ferme en ce qu'il a promis.
Achève, et que rien ne t'arrête;
Le ciel tient pour ses ennemis
Les ennemis de cette fête.
La Tîburtine,
POUR lA REI5B.
Sous ta bonté s'en va renaître 5 5
Le siècle où Saturne fut maître ;
Tliémis les vices détruira ;
L'honneur ouvrira son école ;
Et dans Seine et Marne luira
Même sablon que dans Pactole. 60
5o. Allusion probable au maréchal d'Ancre.
POÉSIES, LIX. aoi
SUR LE M^ME SUJET
c Une des sibylles , dit la Relation , chanta ces autres stances au uuin de tous les François. »
Donc après un si long séjour,
Fleurs de lis , voici le retour
De vos aventures prospères ;
Et vous allez être à nos yeux
Fraîches comme aux yeux de nos pères 5
Lorsque vous tombâtes des cieux.
A ce coup s^en vont les Destins
Entre les jeux et les festins
Nous faire couler nos années ;
Et commencer une saison , i o
Où nulles funestes journées
Ne verront jamais l'horizon .
Ce n'est plus comme auparavant ,
Que si r Aurore en se levant
D'aventure nous voyoit rire , 1 5
On se pouvoit bien assurer,
I . c Séjour j c'est tardation, mora, comme : vous faites trop long séjour, moram ducis. » (Nicot.)
6. Allusion à une légende assez moderne, à un c petit conte sans fondement, inconim des anciens auteurs, * comme dit le Dictionnaire de Trévoux.
aoa POÉSIES, LIX.
Tant la fortune avoit d'empire !
Que le soir nous verroit pleurer.
De toutes parts sont éclaircis
Les nuages de nos soucis ; a o
La sûreté chasse les craintes;
Et la discorde sans flambeau
Laisse mettre avecque nos plaintes
Tous nos soupçons dans le tombeau.
O qu'il nous eût coûté de morts , a 5
O que la France eût fait d efforts,
Avant que d avoir par les armes
Tant de provinces qu'en un jour.
Belle Reine , avecque vos charmes
Vous nous acquérez par amour ! 3 o
Qui pouvoit , sinon vos bontés ,
Faire à des peuples indomptés
Laisser leurs haines obstinées ,
Pour jurer solennellement ,
En la main de deux hyménées , 3 5
D'être amis éternellement?
Fleur des beautés et des vertus ,
Après nos malheurs abattus
D'une si parfaite victoire ,
Quel marbre à la postérité 4 o
Fera paroître votre gloire
Au lustre qu'elle a mérité?
Non , non , malgré les envieux
La raison veut qu'entre les Dieux
Votre image soit adorée ; 4 5
POÉSIES, LIX. ao3
Et qu'aidant comme eux aux mortels, Lorsque vous serez implorée , Comme eux vous ayez des autels.
Nos fastes sont pleins de lauriers
De toute sorte de guerriers ; 5 o
Mais, hors de toute flatterie.
Furent-ils jamais embellis
Des miracles que fait Marie
Pour le salut des fleurs de lis ?
BSPHISE PAR TOUTES LES SIBTIXBS.
A ce coup la France est guérie ; 5 5
Peuples fatalement sauvés , Payez les vœux que vous devez A la sagesse de Marie.