I. Manuscrits Peiresc, Reg. $7, tome III, f
a. « I^e bonhomme Malherbe m'a dit plusieurs fois, qu'après avoir fait un poëme de cent vers, ou un discours de trois feuilles, il falloit se reposer dix ans. > (Lettre de Bal/ac, du a 5 juillet i65o, Œuvres, tome 11, p. 881.) — Voyez plus loin, p. 3i3 (notice de la pièce cxvni), ce que nous disons rie deux stances que Malherbe présenta à Richelieu et qu'il avait composées plus de trente ans auparavant.
3. Peiresc, né en i58o, avait alors vingt-quatre ans, et Malherbe plus du double.
4. Voici ce que le célèbre Gassendi (ou mieux Gassend) raconte dans sa Vie de Peiresc, année 1604 : c Peireskius.... jucundissimam «. familiaritatem duplicem paravit. Altéra fuit cum nobili Francisco f Villanovano Flayosci barone.... altéra cum celebri viro Francisco c Malherbio, qui deinceps habitas fuit gallics linguœ arbiter, et poe-
SUR MALHERBE. xxi
Appelé en Noimandie pour ses affaires particulières , Malherbe quitta la Provence au commencement d'août i6o5, et comme à la même époque, Peiresc et du Vair partirent pour se rendre à la cour% il n'est pas douteux qu'il fit en leur compagnie ce voyage qui devait exercer sur sa vie une influence dcdsive.
Racan a raconté en quelles circonstances et avec quels éloges le nom de Malherl>e fut prononcé, pour la première fois peutêtre, devant Henri IV. C'était quelques semaines après que Tode dont nous avons parlé plus haut avait été présentée à Marie de Médicis : le Roi demandant à du Perron sMl faisait encore des vers, le prélat n'hésita pas à lui répondre « qu'il ne falloit point que personne s'en mélàt après un certain gentilhomme de Normandie, habitué en Provence, nommé Malherbe, qui avoit porté la poésie françoise à un si haut point que personne n'en pouvoit jamais approcher*. »
e seos £aicile princeps. InYisebat enim uterque; et quuni priorem qui- ( dem ipsi patria communis, ac studium earundem rerum couciliast Ufty posteriorem illi qussivit coramendatio Varii(</w ^«<'')> claruinir que in Provincia nomen, ex quo tempore fucrat meraorato magno f P'ranci» Priori a secretis. Hinc proinde cœpit Peireskius Malherhii * poemata cognoscere, suspicere, apud exteros commendare. Siquif dem quuin mense septeinbris illa memorabilis Ostendae obsidio ( exitum habuisset. pulchraque illa carmina, Area parva ducum, etc., « fiii<«sent galliciâ yersibus non modo a Vario, sed a Malherbio etiani « expressa, misit illico quum ad alios, tum ad ipsum Scaligerum, « quem latinorum carrainum arbitrabatur esse auctorem. > ( Viri iUastris Sicolai Cland'ù Pabricii de Peiresc vita per Petrum Gassendum^ Paris, 164 1, iii-40, p. 78 et 79.) ^
I, \ojez ihidem, -p. Si.
1. IjC fait se passa à Kyon où, à l'occasion de son mariage avec Marie de Médicis, le Roi séjourna du 9 décembre 1600 au 20 jau- TÎer 1 601. Ce fut seulement le 9 novembre suivant que Malherbe écrivit d*Aix à du Perron une lettre de remerciment dont voici le commencement : c Monsieur, il y a huit ou dix mois que je fus averti qn^au dernier voyage de Lyon, vous trouvant un soir au souper du Roi, sur un discours qui se présenta, vous prîtes occasion de me nommer à Sa Majesté, et le fîtes avec des termes qui furent jugés de ceux qui les ouïrent ne pouvoir partir que d*unc singulière et du tout extraordinaire affection en mon endroit. Ce rapport, qui me fut fut premièrement par un gentilhomme de mes amis, me fut, à ne mentir point, une merveille si grande que je ne pense jamais avoir rien oaî de quoi je demeurasse plus étonné.... Toutefois ce même
xxii NOTICE BIOGRAPHIQUE
Henri IV garda le souvenir de celui que du Perron avait loué si magnifiquement devant lui, et il en parlait souvent à un compatriote du poëte, à Vauquelin des Yveteaux, poëte luimême et qui était alors précepteur de César de Vendôme. Des Yveteaux offrit plusieurs fois de le faire venir à la cour, mais le Roi, « qui étoit ménager, » reculait toujours devant cette dépense : du moins Racan Taffirme. De son côté, Malherbe, qui était probablement prévenu de cette bonne volonté, chercha à ne point se laisser oublier ; et la dernière année de son séjour à Aix, il composa pour un combat de barrière qui eut lieu à la cour, le iS février i6o5, des strophes qqe Ton imprima quelque temps après, dans une relation de cette féte^ Lorsqu'au mois d'août suivant, il arriva à Paris, des Yveteaux s'empressa de prévenir le Roi, qui manda le poëte, et Malherbe, sans crainte d'être démenti, pouvait, le lo septembre 1625, écrive à Racan : « Si je n'ai autre avantage, pour le moins ai-je celui de n'être point venu à la cour demander si Ton avoit affaire de moi, comme la plupart de ceux qui y font aujourd'hui le plus de bruit. Il y a eu, en ce mois où nous sommes, vingt ans que le feu Roi m'envoya quérir par M. des Yveteaux, me commanda de me tenir près de lui et m'assura qu'il me feroit du bien '. » Le Roi partait alors pour aller tenir les grands jours en limousin, et il lui commanda, pour cette circonstance, des vers que le poëte lui présenta à son retour '. C'est la belle ode
O Dieu, dont les bontés de nos larmes touchées.
Jamais, même aux plus beaux jours de l'Académie de Charles IX, le Louvre n'avait retenti d'une pareille poésie. Henri
avis m'avant été confirmé par une infinité de personnes d'honneur qui se disoient y avoir été présentes, il faut que je le tienne pour véritable et que, contre ma coutume, je me lâche à quelque vanité. . . . •