I. Vai. (édit. de i6ai) : Un bois par où
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passer pour entrer sur les terres de Gorinthe, et faisant marcher sa cavalerie à la tête des enseignes, divise ce qu'il avoit de reste en deux troupes. En Tune il met ce qu'il avoit de reste de mercenaires et ceux qui étoient armés légèrement, en l'autre ceux qui portoient des rondaches, et en cet équipage s'en alla chercher les ennemis. Il n'eut guère fait de chemin qu'il les rencontra, infanterie, cavalerie, et particulièrement les Thraciens, en l'état qu'il desiroit, c'est-à-dire épars et débandés, comme gens qui ne croyoient pas avoir, occasion de penser à soi. Il se jette sur les plus avancés. Ceux qui étoient moins éloignés de leur camp eurent loisir de s'y retirer et y donnèrent l'alarme. Ce fut une merveille à Androsthèue de voir jusques à Cléonées ceux que jamais il n'avoit vus sortir de Sicyone plus avant que les coteaux qui sont auprès de leur porte; et encore étoit-ce chose qu'ils n'avoient faite que bien peu souvent. Il envoie donc un trompette faire revenir ceux qui étoient à la campagne, commande à tout le monde de prendre les armes, et sortant lui-même à la hâte, assez mal accompagné, se va ranger en bataille au bord de la rivière. Le reste de ses gens n'ayant eu loisir ni de se mettre ensemble, ni de s'équiper, tournèrent le dos à la première charge qui leur fut faite. Les Macédoniens furent ceux qui en plus grand nombre se rendirent auprès des enseignes. Et certes ils firent si dignement que l'on fut longtemps en doute à qui l'avantage demeureroit. Enfin, comme ils se virent abandonnés de leurs gens et assaillis de deux côtés, en flanc de ceux qui étoient légèrement armés, et en tête des porteurs de rondache, les affaires n'allant pas bien pour eux, après avoir reculé quelque temps ils tournèrent le dos tout à fait, et la plupart sans s'arrêter en leur camp, pour le peu d'espérance qu'ils avoieut de le pouvoir défendre, s'en allèrent droit à Co-
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rinthe. Nicératus les fit suivre par ses mercenaires, et quand et quand envoya sa cavalerie avec le secours des Thraciens charger ceux qui étoient allés ravager sur les terres de Sicyone. Us firent les uns et les autres si bien, qu'en ces deux endroits il ne mourut pas moins d'hommes qu'au lieu du combat. Ceux qui avoient couru du côté de Pellène et de Phlionte, les uns revenant en désordre, comme gens qui ne savoient rien de ce qui étoit arrivé, s'allèrent jeter ignoramment dans les ennemis, qu'ils prenoient pour être de leurs gens; les autres, qui par les allées et venues qu'ils voy oient faire enrnii les champs se doutèrent de ce que c'étoit, ayant pris parti qui deçà, qui delà, tombèrent entre les mains des paysans, qui ne leur firent pas meilleur marché qu'eussent fait les gens de guerre. U mourut en cette journée quinze cents honmies des gens d'Ândrosthène, et y en eut trois cents prisonniers. XVI. Devant la bataille des Cynocéphales, Lucius Quintius, général de l'armée de mer, avoit mandé à Corfou les principaux des Âcamaniens, qui seuls entre tous les Grecs étoient demeurés au parti de Philippe, et pensoit disposer les choses à quelque changement. L'affection de ces peuples à l'endroit de Philippe avoit deux raisons : l'une que naturellement ils ont une forte inclination à garder leur foi; l'autre qu'ils avoient peur des Etolieus, et les haïssoient mortellement. Pour en délibérer, il y eut une assemblée tenue à Leucade. Tous les Acamaniens ne s'y trouvèrent pas, et ceux qui s'y trouvèrent ne furent pas tous d'une opinion. Néanmoins les magistrats et les principaux s'en étant fait accroire, il fut ordonné que l'on s'allieroit avec les Romains. Comme c'étoit chose contre l'avis de la plus grande partie de ceux qui y avoient été présents, aussi déplut-elle généralement à tous ceux qui ne s'y étoient point treuvés. Cependant que le peuple murmuroit de cette violence, deux des principaux du pays, Malhkabb. I 37
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Androclès et Échidémus, qui arrivèrent de la part de Philippe, firent non-seulement casser Tordonnance faite en faveur des Romains , mais aussi condamner comme traîtres Archélaiis et Bianor qui en avoient été auteurs, et déposer le préteur Leuxidas qui en avoitfait la proposition. Là-dessus les condamnés prirent une résolution téméraire, qui toutefois leur réussit. Leurs amis leur conseilloient de s'accommoder au temps, et se retirer à Gorfou vers les Romains. Contre cet avis ils s'allèrent présenter au peuple, en intention, ou de faire leur paix, ou de souffrir tout ce qui leur pourroit arriver. Comme ils furent arrivés * en rassemblée, il s'y fit premièrement un bourdonnement de voix, pour la merveille que donnoit leur action à tous les assistants, et bientôt après un profond silence, pour la pitié que faisoit la comparaison de leur dignité passée avec leur misère présente. Leur ayant été donné congé de parler, ils commencèrent leur harangue en termes de suppliants. Mais comme ils furent plus avant en matière et qu'ils vinrent à leur justification, ils parlèrent avec la hardiesse accoutumée aux personnes innocentes, et passant jusqu'à se plaindre eux-mêmes, dirent tout haut qu'on les avoit injurleusement et cruellement traités. Leurs paroles firent un tel effet en l'esprit des auditeurs que sur-le-champ on révoqua leur condamnation , et néanmoins il fut arrêté que l'alliance nouvellement faite avec les Romains n'auroit point de lieu et que l'on reviendroit à celle de Philippe.
XVII. C'est ce qui fut résolu à Leucade, ville capitale d'Acarnanic, en laquelle se tiennent ordinairement les états généraux de la province. Comme Lucius Quintius eut la nouvelle de cette révolte, il partit de Corfou, et avec ce qu'il avoit de vaisseaux s'en vint prendre terre