‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 246 sur 268 · I. Vab. (édit. de 1621) : Cornélius y ajoutoit · texte numérisé non relu

I. Vab. (édit. de 1621) : Cornélius y ajoutoit

que les Boïes ayant passé le Pô * pour venir assister les Insubriens et les Cénomans contre lui, Minutius étoit allé ravager leurs terres, et par ce moyen les avoit contraints de s'en retourner chez eux, pour entendre à la défense de leurs maisons. Les tribuns avouoient bien à Cornélius qu'il avoit si dignement servi, qu'il y avoit autant d'apparence de ne remercier pas les Dieux, que de ne lui accorder pas le tinomphe. Mais ils disoient que jamais homme ayant obtenu le triomphe pour soi, n' avoit eu ni le pouvoir ni le crédit de l'obtenir pour son compagnon, et qui plus est , pour un honmie à qvi la seule effironterie donnoit la hardiesse de le demander; que les combats qu' avoit faits Minutius en la Ligurie n'étoient que simples rencontres, et encore si légères, qu'elles ne valoient pas en parler : qu'au contraire il avoit été rudement battu en la Lombardie , et y avoit perdu avec un grand nombre de soldats plusieurs vaillants hommes et même des hommes de qualité, entre lesquels ils nommoient deux maîtres de camp, Juventius et Cneius frère de Labéo; que si je ne sais combien de villettes et de bourgades s'étoient rendues à lui, il n'en avoit tiré ni otages ni aucune autre assurance; de sorte qu'elles étoient demeurées en état de se révolter toutes et quantes fois que bon leur sembleroit. Cette dispute entre les consuls et les tribuns dura deux jours.

XXIII. Enfin les tribuns gagnèrent leur cause, et &llut que les consuls fissent leur demande chacun à part. Corné* lius d'un consentement universel emporta ce qu'il desiroit. Ceux de Plaisance et de Crémone le rendirent encore plus favorable, par l'obUgation que publiquement ils déclarèrent lui avoir de ce qu'il avoit fait lever le siège de devant

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