‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 249 sur 268 · I. Var. (édit. de 1631) : Et qu'il ne ae trouveroit point · texte numérisé non relu

I. Var. (édit. de 1631) : Et qu'il ne ae trouveroit point

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attaquer Acréphie, et lui avec l'autre s'en alla devant Coronée. Ces deux troupes partant d'Elatîe désolèrent tout par où elles passèrent. Il n'y eut lieu qui ne fût ruiné, homme ni femme qui n'abandonnât sa maison. Ce piteux ménage ayant donné de meilleures pensées aux Béotiens, ils envoyèrent vers Quintius. Du commencement il ne voulut point voir leurs députés. Mais les Athéniens et les Achaïens arrivèrent, qui intercédèrent pour eux. La prière des Achaïens fit le plus d'effet. Aussi étoient-ils résolus s'ils n'eussent obtenu la grâce des Béotiens, de se joindi« avec eux, et leur aider à faire la guerre. Par leur moyen les Béotiens eurent audience. La paix leur fut accordée, et le siège levé de devant Acréphie et Coronée, à la charge de livrer ceux qui se treuveroient coupables, et payer dixhuit mille écus d'amende.

XXX. £n ce même temps arrivèrent de Rome les dix commissaires, par l'avis desquels la paix (ut accordée à Philippe. Les conditions furent : que toutes les villes grecques, en quelque part qu'elles ftissent, seroient maintenues en leurs libertés, lois et privilèges; que s'il y en avoit où Philippe eût des garnisons , il les en feroit vider présentement; quant à celles d'Asie, Eurome, Pédases, Bargyles, lasse , Myrlne , Al)yde, Thase et Périnthe, qu'elles seroient libres comme le reste; que pour la liberté de ceux de Cios, Quintius écriroit au roi de Bithynie ce que le sénat et les commissaires en auroient oi> donné ; que Philippe rendroit aux Romains tous les prisonniers et tous les fugitifs; qu'il mettroit entre leurs mains tout ce qu'il avoit de navires couverts, et nommément un à seize bancs qu'il avoit fait faire pour sa personne, d'une grandeur si monstrueuse, que presque il étoit impossible de s'en servir; qu'il ne pourroit entretenir plus de cinq cents hommes de guen*e; qu'il n'auroit aucun éléphant; que sans le congé du sénat il ne pourroit

mener ni envoyer des troupes hors de la Macédoine ; qu'il payeroit six cents mille écus, trois cents mille comptant, et trois cents mille en dix années. Antias met six mille marcs d'argent par an durant dix ans, et comptant trente mille marcs. Le même dit que nommément il fut défendu à Philippe de faire la guerre à Eumène, fils et nouveau successeur d'Attalus. De tout ce que dessus il bailla des otages, entre lesquels fut sou fils Démétrius. Antias ajoute que les Romains donnèrent à Attalus Tile d'Egine et quelques éléphants; aux Rhodiens Stratonicée de Carie, avec quelques autres villes que Philippe avoit tenues, et aux Athéniens les lies de Paros, Imbros, Délos et Scyros.

XXXI. Cette paix fut au gré de toutes les communautés. Les Étoliens furent seuls qui treuvèrent à redire aux ordonnances des commissaires. Ils disoient que toutes leurs belles lettres, de quelque apparence de liberté qu elles fussent colorées, n étoient autre chose que des chansons. Car à quel propos adjugeoient-ils des villes aux Romains sans les nommer, et en nommoient-ils d'autres pour être libres sans les bailler, sinon afin que celles d'Asie, qui pour leur éloignement avoient le moins à craindre, fussent libres, et que celles de Grèce, comme Corinthe, Chalcis, Orée, Érétrie et Démétriade, par cet artifice de ne les nommer point, demeurassent en leur possession? Et certes la plainte des EtoUens n'étoit pas du tout sans fondement. Car en l'affaire de Corinthe, Chalcis et Démétriade, il y avoit de quoi douter, pource que dans le pouvoir des commissaii^es il étoit véritablement porté que les autres villes de Grèce et d'Asie seroient libres, mais pour ces trois, les commissaires avoient charge d'en faire ce qu^en leurs consciences ils jugeroient le plus expédient. Ils voy oient qu'Antiochus n'attendoit qu'une bonne dispo-

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sition à ses affaires pour passer en Europe, et ne treuvoient pas à propos que des villes qui étoient si fort à sa bienséance demeurassent en tel état, qu'aussitôt qu'il en auroit envie il eût moyen de s'en emparer. Quintius et les commissaires partirent d'Élatie et s'en allèrent à Anticyre. D'Anticyre ils passèrent à Corinthe, où ils travaillèrent aux affaires. L'avis de Quintius étoit, que si l'on vouloit fermer la bouche aux Étoliens, faire aimer et révérer le nom des Romains à tout le monde, et monti*er qu'ils n'avoient point passé la mer pour ôter à Philippe la seigneurie de la Grèce avec intention de la prendre pour eux, il n'y en avoit point d'autre moyen que de mettre sans exception toutes les villes de la Grèce en liberté. Les commissaû*es n'y contredisoient pas ; mais ils estimoient que, afin qu'elles fussent plus assurées, il leur valoit mieux avoir encore pour quelque temps une garnison romaine, que, n'en ayant point, demeurer en danger qu'au partir de la domination de Philippe elles ne tombassent en celle d'Antiochus. La résolution fut que Corinthe seroit rendue aux Achaïens, mais qu'on laisseroit une garnison dans la forteresse, et retiendroit-on Chalcis et Démétriade, jusques à ce que l'intention d'Antiochus fût mieux reconnue et que l'on sût de quelle façon on auroit à vivre avec lui.

XXXn. La fête des jeux isthmiens étoit proche. C'est un spectacle où de tout temps il aborde un nombre infini de monde, pour deux raisons : Tune , que s'y faisant toutes sortes de combats d'adresse, de force et de disposition *, ce peuple, qui naturellement est porté à telles gentillesses, treuve en ce lieu-là de quoi satisfaire à sa curiosité ; l'autre, que, de quelque côté de la Grèce que Ton vienne à Corinthe, les deux mers, sur lesquelles

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