Vab. (D) : Ainsi perdit tout réconfort
lo-ia. Alcyone, fille d'Éole; son époux Céyx ayant péri dans un naufrage, elle se précipita dans la mer, et Thétis les cliangea tous deux en alcyons.
Qui témoignez du sentiment ,
O trop fidèle Garitée : i 5
En toutes âmes Tamitié ,
De mêmes ennuis agitée ,
Fait les mêmes traits de pitié.
De combien de jeunes maris
En la querelle de Paris a o
Tomba la vie entre les armes ,
Qui fussent retournés un jour,
Si la mort se payoit de larmes ,
A My cènes faire Tamour!
Mais le destin qui fait nos lois , ^ 5
Est jaloux qu'on passe deux fois
Au deçà du rivage blême;
Et les Dieux ont gardé ce don ,
Si rare , que Jupiter même
Ne le sut faire à Sarpédon. 3o
Pourquoi donc si peu sagement , Démentant votre jugement ,
i3-i8. Var. (D) :
Vous n*étiez seule en ce malheur, Qui témoigniez de la douleur, Belle et divine Caritée :
En toutes âmes Tamitié, Des mêmes ennuis agitée, Sent les mêmes traits de pitié.
3o. Var. (P) : Ne le put....
On connaît dans la Fable deux héros du nom de Sarpédon. Tous deux avaient pour père Jupiter, qui accorda à Tun (fils d*Europe) de vivre trois âges d*homme, et qui ne put sauver Tautre (fils de Laodamie), tué par Patrocle au siège de Troie.
3a. Var. (D et E) :
Trompant Totre beau jugement.
Malherbe, i 3
Passez-vous en cette amertume
Le meilleur de votre saison ,
Aimant mieux plaindre par coutume , 3 5
Que vous consoler par raison ?
Nature fait bien quelque effort ,
Qu'on ne peut condamner qu'à tort ;
Mais que direz-vous pour défendre
Ce prodige de cruauté , 4 o
Par qui vous semblez entreprendre
De ruiner votre beauté ?
Que vous ont fait ces beaux cheveux ,
Dignes objets de tant de vœux ,
Pour endurer votre colère ? 4 5
Et devenus vos ennemis ,
Recevoir Tinjuste salaire
D*un crime qu'ils n'ont point commis?
Quelles aimables qualités
En celui que vous regrettez 5 o
Ont pu mériter qu'à vos roses
Vous ôtiez leur vive couleur,
Et livriez de si belles choses
A la merci de la douleur?
36. Dans les deux éditions D et £, de i6oo et de i6o3, cette stance était suivie de celle-ci, qui terminait la pièce et que Malherbe a complètement modifiée lorsqu'il a ajouté six stances nouvelles (voyez plus loin vers 69-72) :
Quelle injustice faites-vous
Aux yeux que vous aurez si doux,
Quand vos orages seront calmes,
De refuser de les guérir
£t ne les apprêter aux palmes
Qu'ils brûlent de vous acquérir!
Remettez- vous rame en repos, Si
Changez ces funestes propos ;
Et par la fin de vos tempêtes ,
Obligeant tous les beaux esprits,
Conservez au siècle où vous êtes
Ce que vous lui donnez de prix. 60
Amour autrefois en vos yeux
Plein d'appas si délicieux ,
Devient mélancolique et sombre,
Quand il voit qu'un si long ennui
Vous fait consumer pour une ombre fi 5
Ce que vous n'avez que pour lui.
S'il vous ressouvient du pouvoir Que ses ti*aits vous ont fait avoir, Quand vos lumières étoient calmes, Permettez-lui de vous guérir, : o
Et ne différez point les palmes Qu'il brûle de vous acquérir.
Le temps d'un insensible cours
Nous porte à la fin de nos jours ;
C'est à notre sage conduite , 7 5
Sans murmurer de ce défkut ,
De nous consoler de sa fiiite ,
En le ménageant comme il faut.