‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 201 sur 348 · SUR LES FAUTES LÉGÈRES · texte numérisé non relu

SUR LES FAUTES LÉGÈRES

Infirmiitu hoc nm al ad mortem, CetlamiiidismTipotailiUmiin (Jus, u,4.)

Ce que le Sauveur dit aujourd’hui de la maladie de Lazare, nous le disons souvent des maux de notre ame , mes chers Auditeurs : cependant, sous prétexte que la plupart de nos fuiblesses ne sont pas du nombre de celles qui conduisent è la mort, et qu’elles ne touclient pas au fond de la grâce et de la justice qui est en nous; nous les regardons comme légères, et presque de nulle conséquence dans la viecludtienue. Celle erreurs! dangereuse est pourtant coniniune au Juste, et au peclieur; au mondain , et au solitaire; au prêtre appliqué a l’autel saint, et è l'huiniiie engagé dans le tumulte du siède ; à la vierge consacrée au Seigneur, et 1 la femme clirétieuue, parugee entre Jesus-Cbrist

> Oa f’apercsvra sans doute , en Usant le sermon ■uivant, que les vérités qu'il renferme oui déjà été traitées dans tes deux Discours que l'on trouve le jeudi «le la troisième semaine de c^arème. intitulés, l'nn t Dr nnrertltude de la jMflré dont la tiddeuri et l’aolre t De la rerlllntle d'une eÀnte dant la tiédeur. ComrtM la matière est elirémrment impirtanle , et mérite d'élre traitée avec soin, elle l'étendit ai fort entre les mains de Uissillon , lorsqu'il voulut la remaitier. qn'il lui fui Impmible de tout retifcrmer dans no seul Discours t II prit dotic te psrll d'en taire rlenz . et de traiter aéparément lea deux vérités qn'll avolt d'abord rénoirt.

Prut.étre ne lerad-d pai inulile pour lés personnes qnl ae desUnenl à la chaire . qu'elles votent roinment ce grand homme savott présenter 1rs inémes sujrts sons dilTérenta potiUs de T1M , ex donner un nonveanionr et tme nouvelle force a des vérités sur lesqnelles ou anroit cm qn'il n'z avolt pilla rien à dire. Nuus ne faisous point l'analjae de ce Sermon t ccUes qui ont été laites des deux senootu sur la dérfrwe. penvent servir pour cehd-ct

ét les snin.x du mariage. Jugez de l’importance de celte matière par son étendue : tout le monde presque regarde des mêmes veux ces infidélités journalières et hahiluelles, que le (loids de la cnrmption semble rendre inévitables è la piété la plus attentive ; on se les permet sans scrupule ; on s'en reeonnolt coupable sans componction ; on s'en aeense sans amendement; on vit sans nulle précaution pour les éviter; et de M celte indolence et celte mollesse dans les voies du salut , qui damnent tant de personnes , nées d’ailleurs avec des principes de vertu et des sentimenU heureux pour le ciel.

Cependant, mes Frères, U fidélilë à nos moindres obligations est la praiique la pins essentielle i la pieté chrétienne ■■ elle seule fait les Justes; à elle seule les promesses de la persévérance sont faites; è elle seule les Saints qui nous ont précédés doivrnt la couronne d’immortalité dont ils jouissent. Il n’est point de piété véritable sans celte exactitude; et l’état où l’on se borne i ol «server l’essentiel delà loi, en se permettant toutes les transgressions qui ne sont pas renfermées dans le précepte, est un élal chimérique dans les priiici- |>esile la religion; un étal où piTsonue n’a pu encore alleindre, et dont aucun Saint ne nous a laissé le moilèle.

En effet , ce qui nous abuse ici , c’est que nous n’envisageons les iiifiiielités dont je parle, que par rapport è la loi , dont elles ne violent pas les points pi incipaiix ; et de ce cèlé-Ià , elles nous paroissent légères : mais cvtle règle de nos jugements est Irès-défrcliieuse, puisque la malice de nos oeuvres ne se prend pas seulement du cèté de la loi qu’elles blessent, mais encore du cété da exeor qui les priHliiit , et des suites où elles noua conduisent. Or, voilà les deux endroits par où je prétenda vous faire considérer aujourd’hui les infidélités légères , et cet état de tiédeur et de mollesse dont je parle; et vous conviendrez que l’idée de légèreté i|ii’on leur attache , est une idée fort injuste. Prentièremenl, nous examinerons la corruption du principe d’uù elles partent d’ordinaire ; et du moins elles vous paroltront fort souillées : première reflexion. Secondement, nous en suivrons les effels ; et vous ne pourrez vous empêcher de convenir que du moins elles vous seront lèt ou lard funestes : dernière réflexion. Ainsi , soit que vous les considériez dans leur principe , ou dans leurs suites, vous ne les regarderez plus comme légères , et vous tremblerez sur un état si peu sflr pour le salut. Développons ces deux Unporlanles vérités.

étte. Mirfn.

FAITES LËGËRRES.

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