SUR L HOMAMTÉ DES GRANDS ENVEI\S LE PEUPLE
Cùm svblevatsfi ofuioj Jtnu . et vid'ustt fuîu mMt/itudo maxima ernit ad tum. (■ t
J<«QS ayant levé Ira yra*. et voyant nne graiidf foolr ilc peuple qni venoit à lui. tJiav, vi , 9.)
Sire,
Ce n’est pas la toute-puissance de Jésus-Christ et la merveille des pains multipliés par .sa seule parole, qui doit aujourd’hui nous loucher el nous surprendre. Celui par qui tout étoii fait, pouvoit tout sans doute sur des créatures qui sont son ouvrage ; el ce qui frappe le plus les sens dans ce pro-
dige, n’est {tas ce que je choisis aujourd'hui pimr nuits consoler et nous instruire.
C’est son humanité envers les r’'>'plw. Il voit une multitude errante et affanite au pied de la monugne , et ses entrailles se troublent , et sa pitié se reveille, et il ne petit refuser aux besoins de i*es iiifortimt^ noo-seuleinenl son secours, mais encore sa coni|>assion et sa tendresse : ^idit turbam mulfnm , el miserlui esf eis. (Matth., xiv, 14. )
F^arlout il laisse échapper des traits d’humanité pour les peuples. A la vue des malheurs qui menacent Jérusalem, il soulage sa douleur par sa pitié et par ses lamies.
Quand deux disciples veulent faire descendre le feu du ciel sur une ville de Samarie, son humanité s’iniéresise pour ce peuple contre leur zèle , et il leur reproche d’ignorer encore l’esprit de douceur et de charité dont ils vont être les ministres.
Si les apôtres eloignent rudement une foule d'en fants qui s’empressent autour «le lui, sa bonté s’offense qu'oii veuille rempécher d’être accessible ; et plus un respect mal entendu éloigne de lui les foibies Cl les petits, plus sa clémence , et son affabilitc s’en rapprochent.
Grande leçon d’humanité envers les peuples, que Jcsus-ChrUl donne aujourd’hui aux princes et aux grands. Ils ne sont graïuls que pour les autres hommes; et ils ne jouissent proprement de leur grandeur, qiiauUut qu’ils la rendent utile aux autres hommes.
C’est-à-dire, rhumanité envers les peuples est le premier devoir des grands ; et rhumanité envers les peuples est l’usage le plus délicieux de la grandeur.