ACTE III, SCÂNB XYI. i
MONSIEUR JOURDAIN
Reculez un peu, pour la troisième.
DORANTS.
Madame, Monsieur Jourdain sait son monde.
MONSIEUR JOURDAIN
Madame, ce m'est une gloire bien grande de me voir assez fortuné pour être si heureux que d*avoir le bonheur que vous ayez eu la bonté de m*accorder la grâce de me faire Thonneur de m*honorer de la faveur de votre présence ; et si j'avois aussi le mérite pour mériter un mérite comme le vôtre, et que le Ciel.... envieux de mon bien.... m*eût accordé.... Tavantage de me voir digne.... des...^.
DORANTE
Monsieur Jourdain, en voilà assez : Madame n*aime pas les grands compliments, et elle sait que vous êtes homme d*esprit. (bm, à Dorimène.) Cest un bon bourgeois assez ridicule, comme vous voyez, dans toutes ses manières'.
I. Digne.... d«.... (Une partie da tirage de 1734, niab non 1773.) 9. « Certains ràlm, dit Remond de Sainte-Albine*, exigent des nuances eneore plus délieates (qme le r6/e d*IsaMU de TÉcole des maria) : ce sont ceox dans lesquels, tandis que le personnage est oeeopé de deux intérêts différents, Tacteur doit remplir ris-à-ns des spectateurs un objet contraire à celui qu*il doit remplir Tis»à-Tis des personnages mis arec lui en action. Le r61e du courtisan dans U Sourgeois gentilhomme est de ce nombre. Il importe à Dorante de cacher à la lîarquûie que M. Jourdain fait la dépense de la fête qu*elle a consenti d'accepter. Il n^importe pas moins à notre bomme de conr de fisire ignorer à M. Jourdain que la Marquise ne le regarde que comme un complaisant qui veut bien prêter sa maison. Le courtisan le pins délié n'emploierait que difficilement, en cette occasion, tout Tair de rérilé dont il fisudrait qu*il usât pour ne point se trahir. Le comédien doit nonseulement emprunter cet air de vérité, mais remplir denx objcU en apparenee eontradictoirie. D*nn côté, il est essentiel qu'il ne lui échappe rien qui puisse
de
Mole
truTailla
chef, BQnrat ^ 177S.
i54 LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
DORIMÂNB^
Il n'est pas malaisé de s*en apercevoir.
DORÀIfTB.
Madame, voilà le meilleur de mes amis.
MONSIEUR JOURDAIN
C'est trop d'honneur que vous me faites.
DORANTE
Galant homme tout à fait.
DORIMÈNE
J'ai beaucoup d'estime pour lui.
MONSIEUR JOURDAIN
Je n'ai rien fait encore, Madame, pour mériter cette grâce.
DORANTE, bas, à M. Jourdain.
Prenez bien garde au moins à ne lui point parler du diamant que vous lui avez donné.
MONSIEUR JOURDAIN '
Ne pourrois-je' pas seulement lui demander comment elle le trouve ?
DORANTE*
Comment ? gardez-vous-en bien : cela seroit vilain à vous'; et pour agir en galant homme, il faut que vous
déceler à la Marquise et à M. Jourdain la tromperie qa*OB leur fait; de rautre^ il faut qae les spectateurs décoaTrent chez lui rembarras que Dorante éproa^e dans une situation si critique. »