‹ Œuvres de MolièreChapitre 263 sur 541 · ACTE II, SCÈNE IL S · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL S

De confondre nos pleurs avec tos d^âisirs. De mêler nos soapîrs a tos derniers soopirs : D'une tendre umûé sooffrei ce dernier gage.

Cest vous perdre inudlement.

ciDim.

Cest en votre faveur espérer un miracle, ; 5o

On vous accompagner jusques au monument^.

Que peut-on se promettre après un tel oracle?

Un oracle jamab n'est sans obscurité :

On l'entend d'autant moins que mieux on croit l'entendre *,

Et peut-être, après tout, n'en devez-vous attendre 755

Que gloire et que félicité.

Laissez-nous voir, ma sœur, par une digne issue. Cette frayeur mortelle heureusement déçue,

Ou mourir du moins avec vous.

Si le Ciel à nos vœux ne se montre plus doux. 760

PSYCHE

Ma sœur, écoutez mieux la voix de la nature Qui vous appelle auprès du Roi.

Vous m'aimez trop, le devoir en murmure;

Vous en savez Tindispeasable loi :

Un père vous doit être encor plus cher que moi. 765 Rendez-vous toutes deux l'appui de sa vieillesse : Vous lui devez chacune' un gendre et des neveux; Mille rois à Tenvi vous gardent leur tendresse, Mille rois à l'envi vous offriront leurs vœux.

I. Holière • aaiti employé cette cspreMioa de mommmêmt ftomr « tombeea » (qui retient encore an peu plut loin, ao Tert 788) : Toyes, tome Ul, p. 53, aa Tert a58 des Fâcheux et à la note 1.

a. CorneUle leprcnait à peu près ici deux Tert (85 1 et 85a) de la tragédie d'Horace, qui ett de 1640 :

Un orade jamais ne ae laiaae comprendre :

On rentend d*antant moins qne plos on croit Tentcndre.

3. Ckmcum^ dans les éditions de 1697, 17 10, 18, 33. — Pour des empbis da nentre analogoes à celai qae donne cette Tariante, Tojet ci*desaos, an ▼ers 17a (p. a8o et note a), et auTers 48a (p. 393, note i).

3o8 PSYCHÉ.

L'oracle me veut seule, et seule aussi je veux ^ ^ o

Mourir, si je puis, sans foiblesse, Ou ne vous avoir pas pour témoins toutes deux De ce que, malgré moi, la nature m'en laisse.

AGLÀUEB.

Partager vos malheurs, c'est vous importuner?

CroiFPB.

J'ose dire un peu plus^ ma sœur, c'est tous déplaire ? 7 7 5

P8TCHl£.

Non, mais enfin c'est me gêner % Et peut-être du Ciel redoubler la colère.

AGLÀUmS.

Vous le voulez, et nous partons.

Daigne ce même Gel, plus juste et moins sévère, Vous envoyer le sort que nous vous souhaitons, 780

Et que notre amitié sincère.

En dépit de l'oracle et malgré vous, espère.

FSYCHÉ.

Adieu. Cest un espoir, ma sœur, et des souhaits Qu'aucun des Dieux ne remplira jamais.

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