‹ Œuvres de MolièreChapitre 292 sur 541 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PSYCHÉ *

Cruel destin 1 fîmeste inquiétude !

Fatale curiosité 1 Qu'aves-vous fait, affreuse solitude,

De toute ma félicité ?

J'aimois un Dieu, j'en étob adorée, 1 5 5 5

Mon bonheur redoubloit de moment en moment,

Et je me vois seule, éplorée.

Au milieu d'un désert, où, pour accablement,

Et confuse, et désespérée.

Je sens croître l'amour, quand j'ai perdu l'amant. 1 56o

Le souvenir m'en charme et m'empoisonne ; Sa douceur tyrannise un cœur infortuné Qu'aux plus cuisants chagrins ma flamme a condanmé.

0 Ciell quand l'Amour m'abandonne.

Pourquoi me laisse-t-il l'amour qu'il m'a donné ? 1 5 6 5 Source de tous les biens inépuisable et pure,

Mattre des honunes et des Dieux,

Cher auteur des maux que j'endure Étes-vous pour jamais disparu de mes yeux^?

Je vous en ai banni moi-même ; 1570

Dans un excès d'amour, dans un bonheur extrême, D'un indigne soupçon mon coeur s'est alarmé : Cœur ingrat, tu n'avois qu'un feu mal allumé ;

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