‹ Œuvres de MolièreChapitre 521 sur 541 · I. SCÈNE xvn · texte numérisé non relu

I. SCÈNE xvn

LA GOMTB8AB, JULIB, LB TICOlfTB, MONSIBUE TIBAUDIBR, MONSUUE BOBIHET, CBIQUBT. (1734.)

' Ces fanfarons de la mode, ces exagératenrs, cet raflbiés.

S84 LA COMTESSE D'ESGARBAGNAS.

MONSIBUR BOBIHBT.

Je donne le bon vêpres^ à toute Thonorable compagnie. Que désire Madame la comtesse d^Escarbagnas de son très-humble serviteur Bobinet?

LA COMTESSE

A quelle heure, Monsieur Bobinet, étes-vous parti d*Escarbagnas, avec mon fils le G>mte?

MONSIEUR BOBINET.

A huit heures trois quarts, Madame, comme votre commandement me Tavoit ordonné.

LA COMTESSE

Comment se portent mes deux autres fils, le Marquis, et le G)mmandeur?

MONSIEUR BOBINET.

Ils sont, Dieu grâce *, Madame, en parfaite santé.

LA COMTESSE

Où est le G)mte?

MONSIEUR BOBINET.

Dans votre belle chambre à alcôve. Madame.

I. L* Académie, en 16941 donne encore ces exemples da mot (sans le signe du pluriel) : Sur le vêpre. Je vous donne^ je vous souhaite le hou vêpre. c II est vieux, > remarque-t-elle. c Ces expressions surannées, dit Auger, renforcent coiniqueraent la couleur pédantesque du rôle de M. Bobinet. » Mais M. Bobinet n*est pas précisément pédant, il ne cherche pas trop à faire montre de son petit saroir. Il est plutôt naïf, rustique et borné, et parle la vieille langue du curé de village qui Ta instruit. Auger, le prenant è partie sur sa réplique suivante, lui reproche pléonasme ou battologie. C^est que la tête et la langue du pauvre homme s^embarrassent on peu. Il se retirait timidement, et se présente gauchement, fort troublé de se voir appelé, à Timproviste, au milieu du plus grand monde d*Angonléme. Auger Taccuse ensuite ' de bassesse. Molière le montre seulement timide, sans contenance, sans aucun usage, incapable de porter un jugement sur sa riche et noble protectrice ; elle doit être, en effet, comme le dit Auger, fort satisfaite de son ton de déférence, d*humilité même; mais il ne veut être, ce semble, et ne croit être que respectueux.

a. Arrangement de mots à la latine, Deo graiias, avec Tinversion que nous avons conservée dans « Dieu merci. » Dteu^ cas indirect, se trouve placé de même, comme cas indirect représentant le génitif, dans un ancien proverbe que donne encore TAcadémie (1878) : « Cela lui vient de Dien grAce, • de la grAce de Diea.

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