CHAPITRE XIX
De la loi du talion.
Les états despotiques , qui aiment les lois simples , usent beaucoup de la loi du talion (4) ; les états modérés la ifeyoiveut quelquefois. Mais il y a cette différence , que les premiers la font exercer rigoureusement, et que les autres lui donnent presque toujours des tempéramens.
La loi des douze tables en admettait deux ; elle ne condamnait au talion que lorsqu'on n'avait pu apaiser celui qui se plaignait (5). On pouvait, après la condamnation, payer les dom-
(1 ) L« nation anglaise. — (2) Les citoyens d'Athènes né pom raient être mis k la question ( Lysias , orat. m jfrgorat. ) , excepté dans le crime de Use-majesté. On donnait la question l renie jours après la condamnation. ( Curitsê Fortunatus , Rhetor. Schol. liv. II. ) Il n'y avait point de question préparatoire. Quant au* Romains , la loi III et IV ad leg, Juliam majest. fuit voir que la naissance, la dignité, la profession de la milice, garantissaient de la question, si ce n'est dans le cas de crime de lèsemajesté. Voyez les sages restrictions que les lois des Wisigoihs meltaient à cette pratique. — (3) Voyez Kempfer. — (4) Elle est établie dans VAL coran. voyez le cnap. de la Vache. — (5} Si membrum rupit*, ni eifflt eo pacit , talio esto. (Aulu-Gelle, liv. XX, chap. I.)