‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 110 sur 854 · LIVRE VII, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE VII, CHAP. III

fe luxe , contraire â l'esprit de modération , en doit être banni. 11 n'y a donc que des gçns très-pauvres , qui ne peuvent pas recevoir , et des gens très-riches , qui ne peuvent pas dépenser.

A Venise, les lois forcent les nobles à la modestie. Ils se sont tellement accoutumés à l'épargne, qu'il n'y a que les courtisanes qui puissent leur faire donner de l'argent. On se sert de cette voie pour entretenir l'industrie : les femmes les plus méprisables y dépensent sans danger , pendant que leurs tributaires y mènent la vie du monde la plus obscure.

Les bonnes républiques grecques avaient, à cet égard, des institutions admirables. -Les riches employaient leur argent en fêtes, en chœurs de musique , en chariots , en chevaux pour la course , en magistrature onéreuse. Les richesses y étaient aussi à charge que la pauvreté.

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