LIVRE I"., CHAR I
mais elles n'ont pas nos craintes; elles subissent comme nous la mort y mais c'est sans la connaître : la plupart même se conservent mieux que nous , et ne font pas un aussi mauvais usage de leurs passions.
\ L'homme , comme être physique , est , ainsi que les autres corps, gouverné par des lois invariables; comme être intelligent , il yiole sans cesse lesjois cjue Dieu a établies , et change celles qu'il établit lui-même. II. faut qu'il se conduise ; et cependant U est un être borné j il est sujet à l'ignorance et a l'erreur, comme toutes les intelligences finies; les faibles connaissances qu'il a, il les perd encore. Comme créature sensible , il devient sujet à mille passions. Un tel être pouvait à tous les instans oublier son " créateur ; Dieu l'a rappelé à lui par les lois de la religion : un tel être pouvait à tous les instans s'oublier lui-même ; les philo» sophes l'ont averti par les lois de la morale : fait pour vivre dans la société , il y pouvait oublier les autres ; les législateurs l'ont rendu à ses devoirs par les lois politiques et civiles. /