CHAPITRE XVIII
De la remise des tributs»
La maxime des grands empires d'Orient , de remettre les tributs aux provinces qui ont souffert , devrait bien être portée dans les
(1) Il est vrai que c'est cet état d'effort qui maintient principalement l'équilibre , parce qn'il éreinte les grandes puissances. — (2) 11 ne faut pour cela que faire Ta loir la nouvelle invention des milices établies dans presque tonte l'Europe , et 1er porter an même excès que l'on a fait les troupes réglées.
états monarchiques. Il y en a bien où elle est établie; mais elle accable plus que si elle n'y était pas , parce que , le prince n'en levant ni plus ni moins , tout l'état devient solidaire. Pour soulager un village qui paie mal , on charge un autre qui paie mieux ; on ne rétablit point le premier , on détruit le second. Le peuple est désespéré entre la nécessité de payer de peur des exactions, et le danger de payer de crainte des surcharges.
Un état bien gouverné doit mettre , pour le premier article de sa dépense , une somme réglée pour les cas fortuits. Il en est du public comme des particuliers , qui se ruinent lorsqu'ils dépensent exactement les revenus de leurs terres.
A l'égard de la solidité entre les habitans du même village > on a dit (i) qu'elle était raisonnable , parce qu'on pouvait supposer un complot frauduleux de leur part : mais où a-t-on pris que, sur des suppositions, il faille établir une chose injuste par elle-même , et ruineuse pour l'état ?