‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 372 sur 854 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Du caractère des Espagnols , et de celui des Chinois.

Le$ divers caractères des nations sont mêlés de vertus et de vices , de bonnes et de mauvaises qualités. Les heureux mélanges sont ceux dont il résulte de grands biens , et souvent on ne les soupçonnerait pas ; il y en a dont il résulte de grands maux , et qu'on ne soupçonnerait pas non plus»

La bonne foi des Espagnols a été fameuse dans tous les temps. Justin (2) nous parle de leur fidélité à garder les dépôts : ils ont souvent souffert la mort pour les tenir secrets. Cette fidélité qu'ils avaient autrefois , ils l'ont encore aujourd'hui. Toutes les nations qui commercent à Cadix confient leur fortune aux Espagnols : elles ne s'en sont jamais repenties. Mais cette qualité admirable % jointe à leur paresse , forme un mélange dont il résulte des effets qui leur sont pernicieux : les peuples de l'Europe font , sous leurs yeux , tout le commerce de leur monarchie.

Le caractère des Chinois forme un autre mélange , qui est en contraste avec le caractère des Espagnols. Leur vie précaire (3) fait qu'ils ont Une activité prodigieuse , et un désir si excessif du gain , qu'aucune nation commerçante ne peut se fier à eux (4). Cette infidélité reconnue leur a conservé le commerce du Japon : aucun négociant d'Europe n'a osé entreprendre de le faire sous leur nom , quelque facilité qu'il y eût eu à l'entreprendre par leurs provinces maritimes du nord»

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