LIVRE XXI, CHAP. IX. 3o
jusqu'au Gange. Effectivement , on voit que les flottes n'y allaient pas; elles allaient, par les moussons de l'ouest à Test , de l'embouchure de la mer Rouge à la côte de Malabar. Elles s'arrêtaient dans les étapes qui y étaient , et n'allaieut point faire le tour de la presqu'île deçà le Gange par le cap de Comorin et la côte de Coromandel : le plan de la navigation des rois d'Egypte et des Romains était de revenir la même année (i).
Ainsi , il s'en faut bien que le commerce des Grecs et des Romains aux Indes ait été aussi étendu que le nôtre; nous qui connaissons des pays immenses qu'ils ne connaissaient pas ; nous qui faisons notre commerce avec toutes les nations indiennes , et qui commerçons même pour elles , et naviguons pour elles.
Mais ils faisaient ce commerce avec plus de facilité que nous ; et, si l'on ne négociait aujourd'hui que sur la cote cje Guzaratet du Malabar, et que, sans aller chercher lf s îles du midi, on se contentât des marchandises que les insulaires viendraient apporter , il faudrait préférer la route de l'Egypte à celle du cap de Bonne-Espérance. Strabon dit (2) que Ton négociait ainsi avec lés peuples de la Taprobane.