‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 444 sur 854 · CHAPITRE XIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL

Du génie des Romains pour la marine*

Les Romains ne faisaient cas que des troupes de terre , dont l'esprit était de rester toujours ferme , de combattre au même lieu , et d'y mourir. Ils ne pouvaient estimer la pratique des gens de mer, qui se présentent au combat , fuient , reviennent , évitent toujours le danger, emploient la ruse, rarement la force. Tout cela n'était point du génie des Grecs (4) , et était encore moins de celui des Romains.

Ils ne destinaient donc à la marine que ceux qui n'étaient pas des citoyens assez considérables (5) pour avoir place dans les légions : les gens de mer étaient ordinairement des affranchis.

Nous n'avons aujourd'hui ni la même estime pour les troupes

(1) Voyez Appien , De la guerre contre Mithridate. — (a) Ibid. —

(3) Dans les Considération* eur les causes de la grandeur des Semaine. —

(4) Comme l'a «marqué Platon, liv. IV. des Lois. — (5) Polybe,liv. V.

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