‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 563 sur 854 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Du pontificat.

Lorsque la religion a beaucoup de ministres , il est naturel qu'ils aient un chef, et que le pontificat y soit établi. Dans la

(i) Des Loi*, Ht. X. — (9) Rogum vino ne respergito. ( Loi des douze tables. ) — (3) Des LoU> liy. ni.

4oo DE L'ESPRIT DES LOIS.

monarchie, où l'on ne saurait trop séparer les ordres de l'état , et où l'on ne doit point assembler sur une même tête toutes les puissances , il est bon que le pontificat soit séparé de l'empire. La même nécessité ne se rencontre pas dans le gouvernement despotique , dont la nature est de réunir sur une même tête tous les pouvoirs. Mais , dans ce cas , il pourrait arriver que le prince regarderait la religion comme ses lois mêmes, et comme des effets de sa volonté. Pour prévenir cet inconvénient , il faut qu'il y ait des monumens de la religion ; par exemple , des livres sacrés qui la fixent et qui l'établissent. Le roi de Perse est le chef de la religion; mais ï'Alcoran règle la religion. L'empereur de la Chine est le souverain pontife j mais il y a des livres qui soiit entre les mains de tout le monde , auxquels il doit lui-même se conformer. En vain un empereur voulut-il les abolir, ils triomphèrent de la tyrannie.

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