‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 589 sur 854 · LIVRE XXVI, CHÀP. XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI, CHÀP. XIII

«lait de certaines grâces supérieures ; tout cela est du ressort de la religion.

Les conséquences de cette union par rapport, aux biens $ les avantages réciproques ; tout ce qui a du rapport k la famille nouvelle , à celle dont elle est sortie , à celle qui doit naître ; tout cela regarde les lois civiles.

Comme un des grands objets du mariage est d'oter toutes les incertitudes des conjonctions illégitimes , la religion y imprime son caractère; et les lois civiles y joignent le leur , afin qu'il ait toute l'authenticité possible. Ainsi , outre les conditions que demande la religion pour que le mariage soit valide , les lois civiles en peuvent encore exiger d'autres.

Ce qui fait que les lois civiles ont ce pouvoir , c'est, qqe ce sont des caractères ajoutés , et non pas des caractères contradictoires. La loi de la religion veut 4e certaines cérémonies , et les lois civiles veulent le consentement des pères ; elles demandent en cela quelque chose de plus , mais elles ne demandent rien qui soit contraire.

Il suit de là que c'est à la loi de la religion à décider si le lien sera indissoluble , ou non : car , si les lois de la religion avaient établi le lien indissoluble , et que les lois civiles eussent réglé qu'il se peut rompre , ce seraient deux choses contradictoires.

Quelquefois les caractères imprimés au mariage par les lois civiles ne sont pas d'une absolue nécessité ; tels sont ceux qui sont établis par les lois qui , au lieu de casser le mariage , se sont contentées de punir ceux qui le contractaient.

Chez les Romains, les lois Pappiennes déclarèrent injustes les mariages qu'elles prohibaient , et les soumirent seulement à des peines (i), et le séna tus-consul te rendu sur le discours de l'empereur Marc-Àntonin les déclara nuls ; il n'y eut plus de mariage , de femme , de dot , de mari (2). La loi civile se détermine selon les circonstances : quelquefois elle est plus attentive à réparer le mal , quelquefois à le prévenir.

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