‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 64 sur 854 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Comment les lois sont relatives à leur principe, dans la monarchie.

L'honneur étant le principe 4e ce gouvernement , les lois doivent «'y rapporter.

Il faut qu'elles y travaillent à soutenir cette noblesse , dont F honneur est, pour ainsi dire, l'enfant et le père.

Il faut Qjj'eljes la rendent héréditaire L non pas pour être le terme entre le pouvoir duprince et la faiblesse du peuple , mais teKen de fous Tes deux. ~

Les substitutions , qui conservent les biens dans les familles , seront très-utiles dans ce gouvernement , quoiqu'elles ne conviennent pas dans les autres.

Le retrait lignager rendra aux familles nobles les terres que la prodigalité d'un parent aura aliénées.

Les terres nobles auront des privilèges comme les personnes. On ne peut pas séparer la dignité du monarque de celle du royaume ; on ne peut guère séparer non plus la dignité du noble de celle de son fief.

Toutes ces prérogatives seront particulières à la noblesse, et ne passeront point au peuple , si Pon ne veut choquer le principe du gouvernement , si l'on ne veut diminuer la force de la noblesse et celle du peuple.

Les substitutions gênent le commerce; le retrait lignager fait une infinité de procès nécessaires ; et tous les fonds du royaume, vendus, sont au moins, en quelque façon, sans maître pendant un an. Des prérogatives attachées à des fiefe donnent un pouvoir très à charge à ceux qui les souffrent. Ce sont des inconvéniens particuliers de la noblesse , qui disparaissent devant l'utilité générale qu'elle procure. Mais , quand on les communique au peuple , on choque inutilement tous les principes.

On peut , dans les monarchies , permettre de laisser la plut grande partie de ses biens à un de ses enfans ; cette permission « n'est mime bonne que là.

Il faut que les lois favorisent tout le commerce (i) que la constitution de ce gouvernement peut donner, afin que les sujets puissent , sans périr , satisfaire aux besoins toujours renaissant du prince et de sa cour.

Il faut qu'elles mettent un certain ordre dans la manière de lever les tributs , afin qu'elle ne soit pas plus pesante que les charges mêmes.

(1) Elle ne le permet qu'au peuple. (Voyez la loi troisième, au code de camm* et mercatoribue, qui est pleine de bon sens. )

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