‹ Œuvres de MontesquieuChapitre 686 sur 854 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Que les lois qui paraissent s'éloigner des pues du législateur y sont souvent conformes*.

Là loi de Solon , qui déclarait infâmes tous ceux qui dans une sédition ne prendraient aucun parti , a paru bien extraordinaire: mais il faut faire attention aux circonstances dans lesquelles la Grèce se trouvait pour lors. Elle était partagée en de très-petits états : il était à craindre que , dans une république travaillée par des dissensions civiles , les gens les plus prudens ne se missent à couvert , et que par-là les choses ne fussent portées à l'extrémité.

Dans les séditions qui arrivaient dans ces petits états , le gros de la cité entrait dans la querelle , ou la faisait. Dans nos grandes monarchies, les partis sont formés par peu de gens, et le peuple youdrait vivre dans l'inaction. Dans ce cas , il est naturel de rappeler les séditieux au gros des citoyens , non pas le gros des citoyens aux séditieux ; dans l'autre , il faut faire rentrer le petit nombre de gens sages et tranquilles parmi les séditieux : c'est ainsi que la fermentation d'une liqueur peut être arrêtée par une seule goutte d'une autre.

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