DIALOGUE DE SYLLA ET D'EUCRATE.— LYSIMAQUE
Le Dialogue de S y lia et oVEucrate , où l'on reconnaît le style nerveux de l'auteur des Considérations sur la grandeur et la décadence des Romains, fut composé pour une société politique et littéraire , qui s'assemblait tous les samedi , chez l'abbé Alary , de l'Académie française, et précepteur des enfans de France (1).
(1) Cette espèce d'Académie, qn'on appelait F Entresol, tint ses séances depuis 1734 jusqu'en i?3i , époque où elle Inspira des défiances au cardinal de
NOTICE. n j
Quelques personnes de goût ont cru découvrir dans le dialogue de Sylla quelques traces d'affectation , au milieu des traits dé grandeur que le pinceau de Montesquieu y a jetés en abondance.
Le morceau de Lysimaque fut destiné pour l'Académie de Nancy , dans laquelle le roi Stanislas avait fait recevoir l'auteur ; on peut le regarder comme un hommage allégorique , rendu à ce bon prince.
L'ingénieux auteur de l'ouvrage De la Littérature Française pendant le i8ei siècle , qui juge avec un peu de sévérité les autres ouvrages de Montesquieu , est pourtant d'avis que le talent de ce grand écrivain ne s'est jamais montré plus grand que lorsque , dans ces deux écrits bien peu étendus, il a pu allier heureusement les deux caractères de son esprit. « L'imagination poétique , dit-il , a rarement produit quelque chose de plus noble. Ce sont deux belles conceptions dramatiques , animées d'une éloquence grave , pénétrante et sublime. Le génie de Corneille s'en fut honoré , et elles font souvenir de quelques Dialogues de Platon. »
ESSAI SUR LE GOÔt. — DÏSCOURS SUR DIFFÊRENS