CHAPITRE XXIX
D,e la nature des fiefs depuis le règne de Charles4e-Chauve.
J'ai dit que Chartes-le-Chauve voulut que , quand le possesseur d'un grand office ou d'un fief laisserait en mourant un fils, l'office ou le fief lui fût donné. Il serait difficile de suivre le progrès des abus qui en résultèrent , et de l'extension qu'on donna à cette loi dans chaque pays. Je trouve dans les Livres des Fiefs (4) , qu'au commencement du règne de l'empereur Conrad II , les fiefs , dans les pays de sa domination , ne passaient point aux petits-fils ; ils
{>assaient seulement à celui des enfans du dernier possesseur que e seigneur avait choisi (5) : ainsi , les fiefs furent donnés par une espèce d'élection que le seigneur fit entre ses enfans. •
J'ai expliqué, au Chapitre xvndece Livre, comment, dans la seconde race, la couronne se trouvait à certains égaras élective , et à
(1) Le capitulaire III 9e l'ai* 813 , art. 7 ; et celui de Tan 81 5, art. 6 , sur lea Espagnol* ; Je Recueil de* Capitula ires , liv. .V, art. 238; et le capitulaire de l'an 869, art. 9$ et celui de Fan 877 , art. i3, édit. de Haluze. — (a) Comme il paraît par Otbon de Frissiogue, des gestes de Frédéric , liv. H ,chap. xxix. — (3) Voyez, l'ordonnance de Philippe- Auguste, de Tan 1209, dans le nouveau Recueil. -— (4) Liv. I, Ut. I. — (5) Sic progressum est , ut ad filios de venir et in quem doininus hoc vellet benefieium confiq&are. ( Ibid. )
certains égards héréditaire. Elle était héréditaire , pjrce qu'on prenait toujours les rois dans cette race; elle l'était encore, parce que les enfans succédaient : elle était élective , parce que le peuple choisissait entre les enfans. Comme les choses- vont toujours de proche en proche , et qu'une loi politique a toujours dn rapport à une autre loi politique , on suivit , pour la succession des fiefs , le même esprit que Ton avait suivi pour la succession à la couronne (i). Ainsi , les nefs passèrent aux enfans et par droit de succession et par droit «l'élection ; etchaque fief se trouva, comme la couronne , électif et héréditaire.
Ce drojt d'élection dans la personne du seigneur ne subsistait (2) pas du temps des auteurs des Livres des Fiefs (3)^ c'està-dire , sous le règne de l'enjpereur Frédéric Ier.