LIVRE XXXI, CHAP. XXX. 58g
de Hugues-Çapet , la maison régnante , dépouillée de tous ses domaines , ne put pas"Ynême soutenir la couronne.
La faiblesse d'esprit de Charles-le-Chauve mit en France une égale faiblesse dans l'état. Mais , comme Louis-le-Germanique son frère , et quelques-uns de ceux <Jui lui succédèrent , eurent de plus grandes qualités , la force de l'état se soutint plus longtemps.
Que dis-je ? Peut-être que l'humeur flegmatique , et , si j'ose le dire , l'immutabilité de l'esprit de la nation allemande , résista . plus long-temps que celui de la' nation française à cette disposition des choses , qui faisait que les fiefs , comme par une tendance naturelle , se perpétuaient dans les familles.
J'ajoute que le royaume d'Allemagne ne fut pas dévasté , et , pour ainsi dire , anéanti , comme le fut celui de rrance , par ce
fenre particulier de guerre que lui firent les Normands et les arrasins. Il y avait moins de richesses en Allemagne , moins de villes à saccager , moins de côtes à parcourir , plus de marais à franchir , pins de forêts à pénétrer. Les princes , qui ne virent pas à chaque instant l'état prêt à tomber , eurent moins besoin "de leurs vassaux ; c'est-à-àtre , en dépendirent morq». Et il y a •apparence que , si les empereurs d'Allemagne n'avaient été obligés de s'aller faire couronner à Rome , et de faire des expédition! continuelles en Italie , les fiefs auraient conservé plus long-temps chez eux leur nature primitive.