LETTRES FAMILIÈRES
L'abbé Gnasco, qui avait été l'ami de Montesquieu , songea le premier à publier les Lettres familières de cet illustre auteur. Il joignit à celles qui lui avaient été adressées , quelques autres lettres de la même main r et les publia en 1767 avec dés notes ou il présenta sous un jour peu favorable pour madame Geoffrin , sa brouillerie avec cette femme célèbre , brouillerie dont il est question dans plusieurs de ces lettres familières. Montesquieu , dont l'esprit était trop élevé pour qu'il pût se plaire-
Fleury , qui défendit k ses membres de se réunir. Elle se composait de plusieurs ministres secrétaires d'Etat, d'ambassadeurs, de maréchaux de France, du* bon abbé de Si-Pierre , etc. M. Villraare conserve le manuscrit autographe de Montesquieu , ainsi que tous les manuscrits de l'abbé Alarjr , dont le principal est une Histoire d'Allemagne} plusieurs manuscrits inédits de l'abbé d« St.-Pierre , etc.
Kxij NOTICE.
clans une société qui dégénérait en coterie , prit dans cette occasion le parti de son ami contre madame Geoffrin , comme on le voit par ses lettres. Lors de leur réimpression , à Paris , dans la même année 1 767 , plusieurs notes de l'éditeur furent supprimées , le reste a été conservé dans la plupart des éditions sui-* vantes de cette correspondance , qui a été successivement augmentée de plusieurs lettres. Cependant on a lieu de s'étonner que la correspondance d'un homme aussi célèbre que Montesquieu soit si peu importante , lorsque celle des auteurs contemporains forme des volumes , souvent pleins d'intérêt. Ses lettres ne sont pour la plupart que de simples billets, et, ainsi que l'a remarqué leur éditeur , elles n'ajoutent rien à la réputation de cet auteur célèbre , mais elles sont propres à faire connaître quelques circonstances de sa vie , ses liaisons avec des savans étrangers , la bonté de son cœur envers ses amis , et l'estime qu'il avait pour eu*. La rareté des lettres de Montesquieu provient, en partie, de ce qu'ayant la vue très-mauvaise , il était obligé de se servir d'une main étrangère lorsqu'il avait besoin d'écrire.
Combien ne serait-il pas à désirer qu'à cette énumération des œuvres de Montesquieu, on pût ajouter son Histoire de Louis XI? Malheureusement il la brûla , croyant brûler le brouillon de sa composition , que son secrétaire avait déjà détruit. Son portrait même ne serait pas parvenu jusqu'à nous, si M. Dassier ne l'eût déterminé à se laisser dessiner , en lui représentant , après une longue discussion , qu'il y aurait plus d'orgueil à refuser sa proposition qu'à l'accepter.
La liste des diverses éditions des Œuvres de'Montesquieu serait longue , et difficile à réunir. Nous nous contenterons d'indiquer les principales , en faisant observer que les anciennes sont nécessairement moins complètes que les dernières. Les premières parurent en 1768, Paris (sous la rubrique à' A mater dam) ^t 1767, Paris ( sous la rubrique de Londres), 3 volumes in-4°. ; les éditions postérieures sont celles de Paris x 1788, 5 vol. in-8°. ; Paris, an 4, 5 vol, idem, Paris, 1795, 12 vol. in-18 ; Paris, 1796, 5 vol. grand in-4°.> sur papier vélin avec des planches j Bâle , 1799, 8 vol. in-8°. ; Paris, 1816, 6 vol. in-8°., éditeur M. Àuger..
On a publié , en un volume , le Génie de Montesquieu , nouvelle édition, Paris 1762 , in-12. Le savant bibliographe M- Barbier dit que Deleyre, à qui ce volume a été attribué , n'eu est point Vautçur,.