‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 56 sur 119 · SUR LA CONQUÊTE DE LA FRANCHE-COMTÉ · texte numérisé non relu

SUR LA CONQUÊTE DE LA FRANCHE-COMTÉ

Quelle rapidité, de conquête en conquête.

En dépit des hivers yuide tes étendards?

Et quel dieu dans tes yeux tient cette foudre prête

Qui fait tomber les murs d'un seul de tes re(jards?

A peine tu parois qu'une province entière Rend hommaye à tes lis et justice à tes droits; Et ta course en neuf jours achève une carrière Que Ton verroit coûter un siècle à d'autres rois.

En vain pour t'applaudir ma muse impatiente, Attendant ton l'etour, prête Toreille au bruit; Ta vitesse Taccable, et sa plus haute attente Ne peut imaginer ce que ton bras produit.

Mon génie, étonné de ne ))ouvoir te suivre, En perd haleine et force ; et mon zèle confus, Bien qu'il t'ait consacré ce qui me reste à vivre. S'épouvante, t'admire, et n ose rien de plus.

Je rougis de me taire, et d'avoir tant à dire. Mais c'est le seul parti que je puisse choisir :

Grand roi, pour me donner quelque loisir d écrire, Daigne prendre pour vaincre un peu plus de loisir!

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