‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 7 sur 119 · SUR UN PROMPT AMOUR · texte numérisé non relu

SUR UN PROMPT AMOUR

O (lieux! ([u'elle sait bien surprendre!

Mon cœur, adore ta piisou,

Et n'écoute plus la raison

Qui lait mine de te délendre;

Accej)te une si douce loi !

Voir Aminte et lester à soi

Sont deux choses incompatibles;

Devant une telle beauté

C'est à faire à des insensibles

De conserver leur liberté.

Ses veux d'un pouvoir plus suprême

Que n'est l'autorité des rois,

Interdisent à notre choix

De disposer phis de nous-même :

Ravi que j'en fus à l'abord.

Je ne peux faire aucun effort

A me retenir en balance;

Corneille, quoique très jeune lor,sf|u'il fit t'ett<' j)iè«e, devaii connaître assez les odes de Mailierhe pour sentir couiliien elle nir litait peu le titre d'ode qu'il se permettait de lui duiiui r. i* 10. U'

i46 POÉSIES DIVERSES

Et je sentis un changement Par une douce violence, Que j'eusse fait par jugement.

Regards brillants , clartés divines , Qui m'avez tellement surpris ; Œillades qui sur les esprits Exercez si bien vos rapines; Tyrans secrets, auteui*s puissants D'un esclavage où je Gonseufr; ' Chers enneiiiîs de ma firanchîse, ' Beaux yeux, mes aimaUfiS vamqHeurfi, Dites-moi qui vous autorise A dérober ainsi les c«0bvs I

Que ce laroin m-est la vorahle i

Que j ai sujet d appréhender^

La conjurant de le garder.

Qu'elle me soit inexorable f

Amour, si jamais ses dédains

La portent à œ que je crains » '

Fais qu'elle se puisse inépre4dre ;r

Et qu'aveuglée , au lieu du mien

Qu'elle aura dessein de me readr^t

Aminte me dOiMi^ le $itô ! i

SONNET

A MONSEIGNEMI LE CARDINAL

DE lUCHELIEU.

Puisqu'un d'\mboise et vous d'un succès admirable

Rendez éfjalement nos peuples réjouis,

Souffrez que je compaie à vos faits inouïs

Ceux de ce grand prélat, sans vous incomparable.

Il porta comme vous la pourpre vénérable De qui le saint éclat rend nos yeux éblouis; Il veilla comme vous d'un soin infatigable; Il fut ainsi que vous le cœur d'un roi Louis.

Il passa comme vous les monts à main armée; Il sut ainsi que vous convertir en fumée L'orgueil des ennemis et rabattre leurs coups :

Un seul point de vous deux forme la différence ; C'est qu'il fut autrefois légat du pape en France, Et la France en voudroit un envoyé de vous.

i48 POÉSIES DIVERSES

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SONNET

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