‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 75 sur 119 · PSAUME IV · texte numérisé non relu

PSAUME IV

Cùm tnvocarem , exauclivit me Deus.

Sitôt que j'invoquai le Dieu de ma justice, 11 exauça mes vœux, il prit pitié (Je moi ; Dans mes afflictions sa main me fut propice, Et dilata mon cœur (|u avoit serré Teffroi.

Montrez pour moi, Sei{jneur, une pitié nouvelle: Vous voyez sur mes hras de nouveaux ennemis; Dissipez leurs conseils, ramenez mon rebelle, Exaucez ma prière, et me rendez mon fils.

Lâches, dont le conq)lot en ces ennuis me plonge, Jusqu'où porterez-vous des cœurs durs et pesants? Jusqu'où prendrez-vous soin d'appuyer le mensoufje Jusqu'où d'un vain oryueil serez-vous partisans?

Avez-vous oublié par combien de miracles Dieu m'a mis dans le trône et soutenu son choix? Le croyez-vous moins fort à briser tous obstacles Aussitôt que vers lui j'élèverai ma voix?

Prenez contre le crime une digne colère; CoQDoissez votre faute, et cessez de faillir; Et faites dans vos lits un examen sévère De ce que votre cœur espère en recueillir.

Qu'un juste repentir ofïre vos sacrifices :

Mettez-vous en état d'espérer au Seigneur; Venez, et laissez dire aux esclaves des vices, Qu'on nous oflre du bien, on aura notre cœur.

Sa lumière divine a mis sur mon visage De ses vives clartés la sainte impression; Et sa parfeite joie a mis dans mon courage De quoi me soutenir contre l'oppression.

Avant cette fureur de la guerre civile ,

A-t-on vu des sujets plus heureux que les miens?

L'abondance du vin, du froment, et de l'huile,

En augmentoit le nombre en augmentant leurs biens.

Je reverrai, Seigneur, encor ta même chose Dès qu'il vous aura plu me redonner la paix; Cest sur ce doux espoir que mon cœur se repose ; C'est à ce doux effet qu'il borne ses souhaits.

Ces grâces, ô mon Dieu 1 passeraient les premières : Mais sur votre bonté j'ose m'en assurer; Et vous m'avez tant feit de faveurs singulières, Que j'espère aisément plus qu'on n'ose espérer.

Gloire au Père éternel, la première des causes; Gloire au Verbe incarné, gloire à 1 Esprit divin ; Et telle qu'elle étoit avant toutes les choses, Telle soit-elle encor maintenant et sans fin *.

wx-v^/^ ./»^v -%,■%<-*• -vvv»^»»'v»/'v». v/^^'w.-v/'v'x^'VW'*'». -w.-v'W'*-%,*."v'V*<'W'v^-w^"v\/>'»-^ « ^ x

PSAUiME VI.

iJoiniiiCy ne infurore tuo arrjuas ffie.

Je l'avouerai, Seigneur, votre juste colère Ne peut avoir pour moi trop de sévérité;

Mais ne me corrigez qu'en père,

Et non pas en maître irrité.

Avec compassion regardez ma foiljlesse :

Je souffre sans relâche, et languis sans repos;

Guérissez-moi, le mal me presse.

Et passe jusque dans mes os.

Mon ame en est tioublée, et ne sait plus qu'attendre, Tant chaque jour 1 accable et de crainte et d'horreur;

Nous supprimerons à la fin des autres |)sauin(;s ce refrain qui les termine tous, et f[ui est pre>(|nf? toujours le même : e'f si \<- Gloria Patiiy qu'un usa<^e picMix a introduit dans les eliants d'« (jli-ie, a la "H de chaque psaume, mais que le traducteur pouvait .>e dispenser «employer, comuie llousseau l'a fait dau= >es odes aacr. i-. 10. l'i

Mais juaqu'où voulez'-vous étendit' Lfi$ marqiita. de votre fureur ?

Détournezfen le court qui sur moi «e déborde; Du torrent qui bondit venez me préserver :

C'est à votre miséricorde Qu'il appartient de me sauver.

L'empire de la mort sous qui mon corps succombe Nous laisse-t-il de vous le moindre souvenir,

Et le silence de la tombe .

Nous apprei|d-il à vous b^ir?

Abattu de tristesse et travaillé d'akirmes»

Soupirer et gémir, c est toyt ee que je puis ; Et baigner mon Ht de mes larmes, Ce sont mes plus heureuses qmts.

Mon œil épouvanté de toutes parts n^envoie Que des regards troublés d'un si cuisant maUieup;

Et mes ennemis ont la joie

De me voir blanchir de douleur.

Sortez d'auprès de moi , noirs ouvriers du mme, Qu'on voyoit si ravis de me voir aux abçis;

Du Seigneur la bonté sublime

Daigne entendre ma triste voix.

Mes larmeç oiit m9nXé jusque devwt ^ £il<% i

Il a reçu mes vœux; mes soupirs Font touché, Mes cris en ont obtenu grâce, Il n'a plus d'yeux pour mon péché.

Allez ; qu'à votre tour la misère vous trouble; Rougissez tous de honte en cette occasion,

Et que chaque moment redouble

Cette prompte confusion.

'%/«/^'«/%/%'V».'«<«/%/X «/^/^ ■■%/*^%. X/»/^ ^<'»>'*.-VW ■»/»/^-vwv V«/-V-»/%.'X. \y%/^ * »/^ »'*.»'V»/%.*V%^V»/»>^».'^

PSAUME Vlll.

Dotnine, Dominas nos ter.

Dieu, notre souverain, tout-puissant, et tout bon, Auteur de la nature, et maître du tonnerre.

Que la gloixe de ton saint nom S'est rendue admirable aux deux bouts de la terre 1

L'œil qui d'un seul regard contemple ces bas lieux. Voit ta magnificence aux plus bas lieux gravée,

Et, sitôt qu'il s'élève aux cieux.

Par-dessus tous les cieux il la voit élevée.

Ton plus parfait éloge, exprès tu l'as commis Aux accents imparfaits que hasarde l'enfance,

Pour confondre tes ennemis.

Et détruire l'esprit de haine et de vengeance.

34o POESIES DIVERSES

Lorsque je vois des cieux le brillant appareil^ De ta savante main je ne vois que Touvrage ;

Et lune, étoiles, ni soleil , N'ont aucunes splendeurs qu'elle ne leur partage.

Parmi ces grands effets qui te font admirer,

Seigneur, qu'est-ce que Thomme, et quel est son mérite?

Et qui t'oblige à l'honorer D'un tendre souvenir, d'une douce visite?

Un peu moindre que l'ange il t'a plu le former, De gloire et de grandeurs tu combles sa naissance,

Et ce qu'il te plut d'animer Fut aussitôt par toi soumis à sa puissance.

A peine la nature avoit rempli ta voix.

Que ta voi^ sous nos pieds rangea ces nouveaux êtres;

Les hôtes des champs et des bois, Tout nous sert aujourd'hui, tout servit nos ancêtres.

Les oiseaux dans les airs, les poissons dans les eaux De ton image en nous reconnoissent l'empire ; *

Et sous ces liquides tombeaux Tout ce qui nage ou vit c'est pour nous qu'il respire.

Dieu, notre souverain, tout-puissant, et tout bon, Auteur de la nature, et maître du tonnerre.

Que la gloire de ton saint nom S'est rendue admirable aux deux bouts de la terre !

DE P. CORNEILLE. 34r

PSAUME XVllI.

Cœli enarrant gloriam Dei.

Des célestes lambris la pompeuse étendue

Fait reloge du souverain, Et tout le firmament ne présente à la vue

Que des ouvrages de sa main.

Le jour prend soin d'apprendre au jour qui lui succède

Ce que sa parole a produit; Et la nuit, qui Ta su de la nuit qui lui cède,

L'enseigne à celle qui la suit.

Aux quatre coins du monde ils parlent un langage

Qu'entendent toutes nations; Et des plus noirs climats Tliôte le plus sauvage

En comprend les instructions.

Ils servent de tableaux ainsi que de trompettes;

Ce qu'ils disent ils le font voir; Et des grandeurs de Dieu s'ils sont les interprètes,

Ils en sont aussi le miroir.

Le soleil qui lui sert de trône incorruptible, Les étale aux regards de tous,

Et ce visible agent d'un munarquR invisible En est paré comme un époux.

Il part tel qu'un ycant, armé d'une lumière, Ceint d'un feu qui nous enrlchiti

Et du sommet des cieux il s'ouvre une carrière Dont jamais il ne s'affranchit.

Chaquejourpour finir et reprendre sa course.

Il remonte au même sommet, Et sa clialeur par-tout verse l'heureuse source

Des biens que son maître promet.

La loi du même Dieu n'est pas moins salutaire;

Elle touche, elle convertit; Et pour les yeux du corps que le soleil éclaire,

Elle éclaire ceux de l'esprit.

S.1 parole est fidftle, et répand la sagesse Dans les cœurs les plus ravalés;

Sa justice est exacte, et répand l'alcgresse Dans les cœurs les plus désolés.

C'est ta sainte frayeur de ses ordres suprêmes

Qui fait vivre à l'éternitc; Us sont tous entons lieux justifiés d'eux-mêmes.

Tous sont la même vérité.

I,'or, la perle, et l'éclat des pierres précieuses. Sont beaucoup moins à souhaiter,

Et les douceurs du miel les plus délicieuses Sont bien moins douces à goûter.

Aussi ton serviteur avec soin les observe;

Tu le sais, 6 Dieu ! tu le vois.

Oh ! que grand est le prix que ta bonté réserve

Aux âmes qui ^[ardent tes lois 1

Bfais qui codiMitty Seigneur, les péchés d'ignorance?

Épure-m'en dès aujourdliui; Pardonne ceux d orgueil, de propre suffisance.

Et défends-moi de ceux d autrui.

Si je pouvois sur i&oi Icfur ôter tout empire,

Si je m'en voyois bien purgé, Des crimes les plus grands que tout Tenfer insp

Je m'estimenHS dégagé.

Il ne sortiroit lors aucun mot de ma bouche Qi]^ ne plût au grand Roi des cieux ;

Je ne m'entretiendrois que de œ qui le touche^ Je 1 auroîs seul devant les yeux.

Seigneur, qui de tous maux êtes le seul

Et de tout bien Tunique auteur, En ces pressants besoins prodiguez-moi votre aide,

Et soyez mon libérateur.

^/%^^%/%f*/'»/*/\^%/%/%r'%f*/v^/%0%f%fmf\t'hn^%''%f%/^%^v%n/%f ^ yfmM^<t^^i'v^*^%*%f^*/nf*^Mf% f ^^9f%/%f**^^^

Page 1