‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 85 sur 119 · PSAUME LXXXVI · texte numérisé non relu

PSAUME LXXXVI

Fundamenta ejns in montibus sanetis.

Le Seigneur a fondé stnr les saintes montagnes Ce temple et ce palais qui s'élèvent aux cieux; Et tout ce qulsraël a peuplé de campagnes N'a rien de si cher à ses yeux.

Cité du Dieu vivant, cité pleine de gloire, Sion, où rÉternel daigne dicter sa loi, Oui , pour faire à jamais honorer ta mémoire, On dit par-tout du bien de toi.

On y vient de Rahab, on vient de Babyhwte Apprendre dans tes murs quelles sont ses bontés; Et les rois quitteront les douceurs de leur trône Pour mieux y voir ses vérités.

Elles y sont aussi toutes oonuneen leur sowpoe; Et des bords étrangers , et du milieu de Tyr, Et de TÉtliiojMe où te Nil prend sa course , Us y viennent se convertir.

Sion, qui les voit tous s'habituer <3hez«Ue, Et comme nés chez elle aime à les regarder,

DE P. CORNEILLE. d^h

Fait de son peuple et d'eux une cité fidèle Qu'au Très-Haut il plaît de fonder.

Dieu les écrira tous dans son livre de vie j Ils ne mourront ici que pour revivre mieux ; Et cette heureuse loi qu'en terre ils ont suivie Les réunira dans les cieux.

Du Seigneur cependant attachés à la voie, Dans les glorieux murs de la sainte cité, Tous marquent à Tenvi par Texcès de leur joie Celui de leur félicité.

PSAUiME XC.

Qui habitat in adjutorio altissimi.

Sous Tappui du Très-Haut quiconque se retire.

Et de tout se confie en lui, Sous sa protection jusqu'au bout il respire,

Et n'a point besoin d'autre appui.

Il dira hautement : Vous êtes mon refuge, Seigneur, vous me tendez la main ;

C'est en vous que j'espère, et je n'aurai pour juge Que mon protecteur souverain.

Sous un bras si puissant je suis en assurance

376 POÉSIES DITEBSES

CoDtre les piégés des dussenn.

Et le plus noir venin de Tàpre médisauBce Ne m'imprime aacunes noirceurs.

Espérez tous en lui; t'ombre de a*9 épaules Vous tiendra par-tout à couvert,

Et sou vol éteodu j usque sous les deux pôles Vous servira d'asile ouvert.

En cet heureux état sa vérité suprême

Vous iàit par-tout un boucUer, Et dans robscurité la frayeur elle-même

n'a point de quoi vous effrayer.

L'attentat en plein jour, les négoces infemes

Qui ne se traitent que de nuit. Du démon du midi les pestileutes flammes.

De tout cela rien ne vous nuit

Un million de traits , un milHon de flèches.

Tomberont à vos deux côtés.

Sans que flèches ni traits fassent aucunes brèches

Sur ce que gardent ses bontés.

Considérez d'ailleurs comme agit sa colère

Sur qui se platt à l'offenser; Vous verrez les pécheurs recevmr leur salaire,

Et les foudres les terrasser.

Espérez tons en lui, j'aime à vous le redire.

Et ne puis vous le dire assez ; C'est prendre un haut refuge, et le plus vaste empire N'a point de forts si bien placés.

L'asile que nous font sa grâce et sa justice

Est inaccessible à tous maux; Et, sous quelque fléau que la terre gémisse

Vous n'en craindrez point les assauts.

Ses anges par son ordre auront soin de vos routes Quelque part qu'il vous faille aller,

Et tout autour de vous ils seront aux écoutes Dès qu'il vous faudra sommeiller.

Dans ces âpres sentiers qu'à peine ouvre la terre

Ils vous porteront en leurs mains, De peur que votre pied heurtant contre la pierre

Ne fasse avorter vos desseins.

Des plus hideux serpents l'affreuse barbarie

Vous laissera marcher sur eux; Vous foulerez aux pieds le lion en furie.

Le dragon le plus monstrueux.

C'est en moi qu'il a mis toute son espérance,

Dira de vous ce Dieu tout bon.

Et je protégerai par-tout son innocence,

Puisqu'il a reconnu mon nom.

Il n'aura qu'à parler, j'entendrai sa prière,

Je prendrai part à ses dDuleurs ; Je ferai sacGéder ma ^oire à sa misère»

Et mon boniKitf à ses matteurs.

A la longueur du temps que je veux qu il me serve

Je joindrai mon grand avenir ; Et je lui ferai vaîr cfuel bonheur je réserve

A ceux qui savent me bénir.

PSAUME XCÏL

Domîmu rogtuwit, de€OPem ÙÊduÈtts<esi.

Le Seig^ur, pour régner» s est vimlu vendiie aimable;

Il s est revêtu de beauté ; Il s'est armé de force, en prince redoutable,

Geint de gloire et de majesté*

Ses ordres sur un point ont afStrmi la terne

Pour y répandre son pouvcw; Et, s'il veut qu'elle tremble à Téclat du tonnerre,

Il lui défend de se mouvoir.

Il prépara pour siégea sa grandeur siipréme

Dès-lors ces globes édatants, D où, comme avant le temps il régnoit en lui-même,

Il voulut régner dans le temps.

DE P. COllISElLLE. 379

Tous les fleuves dès-lors lui rendirent hommage,

Ils élevèrent tous la voix, Tous les fleuves dès-lors, par un commun suffrage,

Acceptèrent toutes ses lois.

Pour le voir de plus près de leurs grottes profondes

Tous surent élever leurs flots ; Tous surent applaudir par le bruit de leurs ondes

A qui les tiroit du cliao:^.

Les enflures des mers sont autant de miracles

Qu'enfante leur sein orgueilleux; Et ce Maître de tout dans ses hauts tabernacles

Se montre encor plus merveilleux.

Tes paroles, Seigneur, n'en sont que trop croyables;

f]t , tant que dureront les jours, La sainteté doit luire en ces lieux vénérables

Où nous implorons ton secours.

"V ^/VV^/V V'W ■V% ■%. "V» ■*. X/X>'^ V^/». '%y%/^ ^,'m.'^. v%- ■%. -*. ^/x -vx^x. 'Xy^ % "

PSAUxME XCIV.

f^enile, exsulteinus Domino.

Venez, peuple, venez; il est honteux de taire

Les merveilles du Roi des rois; Elevons avec joie et nos cœurs et nos voix

38o POÉSIES DIVERSES

Au vrai Dieu, notre salutaire ;

Que la louange de son nom Puisse en DOtre laveur préoccuper sa fece,

Nos concerts mériter sa grâce,

Nos larmes obtenir pardon!

Il est le Dieu des dieux, il en est le grand Maître, Aussi fort, aussi bon que grand ;

Il ne dédaigne point l'hommage qu'on lui rend ; Il conserve ce qu'il fait naître; Il est de tout l'unique auteur ;

Il enferme en sa main les deux bouts de la terre; Des monts plus hauts que le tonnerre D'un coup d'œil il voit la hauteur.

Du vaste sein des mers les eaux les plus profondes

Sont à lui , prennent loi de lui ; Il est seul de la terre et l'auteur et l'appui,

Il la soutient contre tant d'ondes.

Venez, pleurons à ses genoux; Il nous a faits son peuple, il aime ses ouvrages,

Et dans ses heureux pâturages

Il n'admet de troupeaux que nous.

Oyez, oyez sa voix qui répond à vos larmes;

Mais n'endurcissez pas vos cœurs.

Comme alors qu'au désert contre vos conducteurs

Il s'élevoit tant de vacarmes :

Vos pères y voulurent voir Josques où s'éteodoit le pouvoir d'un tel Maître ;

DE P. COliiNEILLK. AHi

Et l'épreuve leur fit connoîtrtî Par leurs yeux mêmes ce pouvoir.

Quarante ans, vous dit-il, j'ai conduit cette race,

Quarante ans j'ai sondé leurs cœurs, Sans y voir que murmure, et (|u'oryueil, et qu erreurs,

Sans y trouver pour moi que glace :

Ces vieux ingrats à tous propos Ne vouloient plus savoir les chemins de me plaire;

Et je jurai, dans ma colère,

De leur refuser mon repos.

i-^/xr^-\^\^\.-\y^/^ x/^»^ ■x/»'X -%/-%<'». -»/%/v»/%/v^/iu'V%/%/% "^/^ 'X'%.'^/x'v%/«,^.-%

Page 1