‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 2)Chapitre 9 sur 119 · A UNE DEMOISELLE · texte numérisé non relu

A UNE DEMOISELLE

Allez voir ce jeune soleil, Cerises, je vous en avoue; Montrez-lui votre teint vermeil Un peu moins que sa lèvre, un peu plus que sa joue; Montrez-lui votre roujje teint,

Où la nature a peint.

Comme sur une vive imaye, La cruauté de son courage.

Après, en ma faveur, dans le contentement Que vous aurez si la belle vous touche, Dites-lui secrètement, Approchant de sa bouche :

Phylis, notre beauté Ne porte les couleurs que de la cruauté, Mais ce qui la conserve et la fait être aimée Ce n'est que la douceur qu'elle tient enfermée; Ainsi doncque soyez, vous.

Belle et douce comme nous.

i5o POÉSIES DIVERSES

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MADRIGAL

Je ne veux plus devoir à des gens comme vous, Je vous trouve, Phylis, trop rude créancière. Pour un baiser prêté qui m'a fait cent jaloux Vous avez retenu mon ame prisonnière.

Il fait mauvais garder un si dangereux prêt, J aime mieux vous le rendre avec double intérêt, Et m'acquitter ainsi mieux que je ne mérite ; Mais à de tels paiements je n'ose me fier, Vous accroîtrez la dette en vous laissant payer, Et doublerez mes fers si par là je m acquitte ; Le péril en est grand, courons-y toutefois, Une prison si belle est trop digne d'envie; Puissé-je vous devoir plus que je ne vous dois, En peine d'y languir le reste de ma vie !

MADRIGAL

Je suis blessé profondément; Amour, et ma maîtresse, Qui de vous deux me blesse?

DE P. CORNEILLE. i3i

Un aveugle n'a point l'adresse De porter dans les cœurs des coups si justement j Et Phylis n'a point de flèches Pour faire de telles brèches :

Mon mal n'est point Teffet ni de ses seuls regards, Ni des traits qu'un aveugle tire; Mais la mauvaise avecque lui conspire, Et lui prête ses yeux pour adresser ses dards.

ËPITAPHE DE DIDON,

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