ACTE V, SCÈNE IV. a
Vous n'avez pas connu tout-à-fait son esprit; Pour le connoitre mieux, lisez ce qu'il m'écrit.
ÉRYXE, après avoir lu.
Du côté des Romains je ne suis point surprise; Mais ce qui me surprend, c'est qu'il les autorise, Qu'il passe plus avant qu'ils ne voudroient aller.
SOPHONISBE
Que voulez-vous, madame? il faut s'en consoler. ( à Mézétulle. ) AUez, et dites-lui que je m'apprête à vivre, En fevenr du triomphe, en dessein de le suivre; Que, puisque son amour ne sait pas mieux agir, Je m'y réserve exprès pour l'en faire rougir. Je lui dois cette honte; et Rome son amie En verra sur son front rejaillir l'infamie :
Elle y verra marcher, ce qu'on n'a jamais vu, La fenune du vainqueur à côté du vaincu , Et mes pas chancelants sous ces pompes cruelles Couvrir ses plus hauts faits de taches éternelles. Portez-lui ma réponse ; allez.
MÉZÉTULLE.
Dans ses ennuis....
SOPHONISBE
c'est trop m'importuner en l'état où je suis. Ne vous a-t-il charge de rien dire à la reine?
MÉZÉTULLE.
Non, madame.
SOPHONISBE
Allez donc; et, sans vous mettre en peine
De ce qu'il me plaira croire ou ne croire pas, Laissez en mon pouvoir ma vie et mon trépas ■ .