ACTE I, SCÈNE I
tant de qualités s^il joignoit un vrai zèle....
AGLATIDE.
a sœur, il n est pas roi, comme Test votre amant
ELPIMCE.
ais au parti des Grecs il unit deux provinces; ; ce Perse vaut bien la plupart de nos princes.
AGLATIDE.
n'est pas roi, vous dis-je, et c'est un grand défaut : i n'est point avec vous cpie je le dissimule.
J'ai peut-être le cœur trop haut; ais aussi bien que vous je sors du sang d'Hercule ; ; lorsqu'on vous destine un roi pour voire époux,
J'en veux un aussi bien que vous, lurois quelque chagrin à vous traiter de reine, vous voir dans un trône assise en souveraine, il me falloit ramper dans un degré plus bas ;
Et je porte une ame assez vaine )ur vouloir jusque-là vous suivre pas à pas.
dus êtes mon aînée, et c'est un avantage ai me fait vous devoir grande civilité; issi veux-je céder le pas devant à l'âge, ais je ne puis souffrir autre inégalité.
ELPINICE.
>us êtes donc jalouse? et ce trône vous gêne 1 la main de Cotys a droit de me placer ?
lis si je renonçois au rang de souveraine, Voudriez-vous y renoncer?
Non, pas sitôt; j'ai quelque vue Qui me peut encore amuser.
388 A6ÉSILAS.
Mariez-vous, ma sœur; quand vous serez pourvue.
On trouvera peut-être un roi pour m'épouser.
J'en aurois un déjà, n'étoit ce rang d'aînée
Qui demandoit pour vous ce cpi'il vouloit m'ofirir,
Ou s'il eût reconnu qu un père eût pu souffrir
Qu a rhymen avant vous on me vit destinée.
Si ce roi jusqu'ici ne s'est point déclaré,
Peut-être qu'après tout il n'a que différé.
Qu'il attend votre hymen pour rompre son silence.
Je pense avoir encor ce qui le sut charmer;
Et s'il faut vous en faire entière confidence,
Âgésilas m'aimoit, et peut encor m'aimer.
ELPINICE.
Que dites- vous, ma sœur? Âgésilas vous aime?
AGLATIDE.
Je vous dis qu'il m'aimoit, et cpie sa passion Pourroit bien être encor la même;
Mais cet amusement de mon ambition Peut n'éti'e qu'une illusion.
Ce prince tient son trône et sa haute puissance
De ce même héros dont nous tenons le jour;
Et si ce n'étoit lors que par reconnoissance Qu'il me témoignoit de l'amour, Puis-je être sans inquiétude
Quand il n'a plus pour lui que de l'ingratitude,
Qu il n'écoute plus rien qui vienne de sa part !
Je ne sais si sa flamme est pour moi foible ou forte ; Mais la reconnoissance morte.
L'amour doit courir grand hasard.