ACTE I, SCÈNE III. Sg.i
ELPINICE.
loi ! seigneur, j'aurois part....
SPITRIDATE.
C est trop dissimuler L cause et la grandeur du mal qui me possède ; je me dois, madame, au défaut du remède,
La vaine douceur d en parler.
Oui, vos yeux ont part à ma peine,
Ils en font plus de la moitié ; s'il n est point d'amour pour en finir la gène, est pour radoucir des regards de pitié, land je quittai la Perse, et brisai l'esclavage i m'envoyant au jour le ciel m'a voit soumis, crus qu'il me falloit parmi ses ennemis un protecteur puissant assurer l'avantage, •tys eut, comme moi, besoin de Lysander; quand pour l'attacher lui-même à nos familles
Nous demandâmes ses deux filles, fiit les obtenir que de les demander.
r déférence au trône il lui promit l'ainée ;
La jeune me fut destinée :
nmie nous ne cherchions tous deux que son appui, >us acceptâmes tout sans regarder que lui.
ivois su qu'Aglatide étoit des plus aimables, I m'avoit dit qu'à Sparte elle sa voit charmer;
Et sur des bruits si favorables
Je me répondois de l'aimer, le l'amour aime peu ces folles confiances !
que, pour affermir son empire en tous lieux, laisse choir souvent de cruelles vengeances
396 AGÉSILAS
Sur qui promet son cœur sans Taveu de ses yeux!
Ce sont les conseillers fidèles Dont il prend les avis pour ajuster ses coups ; Leur rapport inégal vous fait plus ou moins belles, Et les plus beaux objets ne le sont pas pour tous. A ce moment fatal qui nous permit la vue
Et de vous et de cette sœur,
Mon ame devint tout émue Et le trouble aussitôt s'empara de mon cœur; Je le sentis pour elle tout de glace, Je le sentis tout de flamme pour vous ;
Vous y régnâtes en sa place, Et ses regards aux miens n'offrirent rien de doux. Il faut pourtant Taimer, du moins il faut le feindre;
Il faut vous voir aimer ailleurs :
Voyez s il fut jamais un amant plus à plaindre, Un cœur plus accablé de mortelles douleurs.
C'est un malheur sans doute égal au trépas même Que d'attacher sa vie à ce qu'on n^aime pas; Et voir en d'autres mains passer tout ce qu'on aime, C'est un malheur encor plus grand que le trépas.
ELPINICE.
Je vous en plains, seigneur, et ne puis davantage.
Je ne sais aimer ni haïr; Mais dès qu'un père parle, il porte en mon courage Toute l'impression qu'il faut pour obéir.
Voyez avec Cotys si ses vœux les plus tendres Voudroient rendre à ma sœur l'hommage qu'il me rend Tout doit être à mon père assez indifférent.
Pourvu que vous et lui vous demeuriez ses gendres.