LYSANDER, MANDANE, CLÉON
LTSANDER.
Que veut dire , madame , une telle retraite ? Se plaint-il d'Âglatide ? et la jeune indiscrète Répondroit-elle mal aux honneurs qu'il lui fait?
MANDANE
Elle y répond, seigneur, ainsi qu'il le souhaite.
Et je l'en vois fort satisfait; Mais je ne vois pas bien que par les sympathies
Dont vous venez de nous parler,
Leurs âmes soient fort assorties, Ni que l'amour encore ait daigné s'en mêler.
Ce n'est pas qu'il n'aspire à se voir votre gendre. Qu'il n'y mette sa gloire, et borne ses plaisirs ; Mais, puisque par son ordre il me faut vous l'apprendre, Elpinice est l'objet de ses plus chers désirs.
4io AGÉSILAS.
LTSANDER.
Elpinice ! Et sa main n est plus en ma puissance.
MANDANE
Je sais qu'il n'est plus temps de vous la demander; Mais je vous répondrois de son obéissance,
Si Cotys la vouloit céder.
Que sait-on si Tamour, dont la bizarrerie Se joue assez souvent du fond de notre cœur, N aura point fait au sien même supercherie?
S'il n'y préfère point Aglatide à sa sœur?
Cet échange, seigneur, pourroit-il vous déplaire,
S'il les rendoit tous quatre heureux?
LTSANDER. .
Madame, doutez- vous de la bonté d'un père?
MANDANE
Voyez donc si Cotys sera plus rigoureux:
Je vous laisse avec lui, de peur que ma présence
N'empêche une sincère et pleine confiance.