‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 230 sur 278 · LYSANDER, MANDANE, CLÉON · texte numérisé non relu

LYSANDER, MANDANE, CLÉON

LTSANDER.

Que veut dire , madame , une telle retraite ? Se plaint-il d'Âglatide ? et la jeune indiscrète Répondroit-elle mal aux honneurs qu'il lui fait?

MANDANE

Elle y répond, seigneur, ainsi qu'il le souhaite.

Et je l'en vois fort satisfait; Mais je ne vois pas bien que par les sympathies

Dont vous venez de nous parler,

Leurs âmes soient fort assorties, Ni que l'amour encore ait daigné s'en mêler.

Ce n'est pas qu'il n'aspire à se voir votre gendre. Qu'il n'y mette sa gloire, et borne ses plaisirs ; Mais, puisque par son ordre il me faut vous l'apprendre, Elpinice est l'objet de ses plus chers désirs.

4io AGÉSILAS.

LTSANDER.

Elpinice ! Et sa main n est plus en ma puissance.

MANDANE

Je sais qu'il n'est plus temps de vous la demander; Mais je vous répondrois de son obéissance,

Si Cotys la vouloit céder.

Que sait-on si Tamour, dont la bizarrerie Se joue assez souvent du fond de notre cœur, N aura point fait au sien même supercherie?

S'il n'y préfère point Aglatide à sa sœur?

Cet échange, seigneur, pourroit-il vous déplaire,

S'il les rendoit tous quatre heureux?

LTSANDER. .

Madame, doutez- vous de la bonté d'un père?

MANDANE

Voyez donc si Cotys sera plus rigoureux:

Je vous laisse avec lui, de peur que ma présence

N'empêche une sincère et pleine confiance.

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