‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 237 sur 278 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ELPINICE, AGLATIDE.

ELPINICE.

a sœur, je vous admire, et ne saurois comprendre

422 AGÉSILAS

Cet inépuisable enjouement.

Qui d'un chagrin trop juste a de quoi vous défendre , Quand vous êtes si près de vous voir sans amant.

AGLATIDE.

11 est aisé pourtant d'en deviner les causes.

Je sais comme il faut vivre, et m'en trouve fort bien :

La joie est bonne à mille choses,

Mais le chagrin n est bon à rîen.

Me perds-je* pas assez, sans doubler Finfortune, Et perdre encor le bien d'avoir l'esprit égal?

. Perte sur perte est importune.

Et je m'aime un peu trop pour me traiter si mal. , Soupirer quand le sort nous rend une injustice, C'est lui prêter une aide à nous faire un supplice. Pour moi, qui ne lui puis souffrir tant de pouvoir, Le bien que je me veux met sa haine à pis faire.

Mais allons rejoindre mon père ; J'ai quelque chose encore à lui faire savoir.

* Ne perds'je n*est plus français , et peut-être ne Tétait pas même du temps de Corneille. Il faudrait y substituer ne perdé-je; mais le Ters n'aurait plus sa mesure , qu*il retrouverait en changeant le tour, et en disant :

Je perds assex déjà sans doubler l'infortune , Et perdre encor, eic. P.

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