‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 255 sur 278 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

SPITRIDATE, MANDAlilE, AGLATIDE.

ÀGLÂfiDÈ.

Vous me quittez, seigneur, mais vous croyez-vous quitte, Et que ce soit assez que de me rendre à moi ?

45o AGÉSILAS.

SPITRIDATE.

Après tant de froideurs pour mon peu de mérite, Est-ce vous mal servir que reprendre ma foi?

AGLATIDE.

Non ; mais le pouvez*vous à moins que je la rende? Et si je vous la rends, savez- vous à quel prix?

Je ne crois pas pour vous cette perte si grande, Que vous en souhaitiez d'autrea que vos mépris.

ACLATIDE.

Moi, des mépris pour vous !

SPITRIDATE.

c'est ainsi que j'appelle Un feu si bien promis^ et si mal allumé.

AGLATIDE.

Si je ne vous aimois, je vous aurois aimé ; Mon devoir m en étoît un garant trop fidèle.

SPITRIDATE.^

Il ne vous répondait que d^agir un peu tard,

Et laissoit beaucoup au hasard.

Votre ordre cependant vers une autre me chasse, Et vous avez quitté la place à votre sœur.

AGLATIDE.

Si je vous ai donné de quoi remjplir la place,

Ne me devez- vous point de quoi remplir mon cœur?

SPITRIDATE.

J'en suis au désespoir ; mais je n ai point de frère Que je puisse à mon tour vous prier d'accepter.

AGLATIDE.

Si vous n'en avez point par qui me satisfaire,

Page 1