ACTE III, SCÈNE IV
6uis-je enoMre à 1 époux à qui Fou m'a doonée? Suis-je à Sertorius? C'est assez consulté ; Bendez-moi mes liens, ou pleine liberté....
POMPÉE
Je le vois bien, madame, il faut rompre la trêve, Pour briser en vainqueur cet hymen, s'il s'achève ; Et vous siivez si peu l'art de vous secQurir, Que, pour vous en instruire, U faut vous conquérir.
ARISTIE
Sertorius sait vaincre et garder ses conquêtes.
POMPÉi:.
La vôtre à la garder coûtera bien des têtes ■ ; Gomme dUe fermera la porte à, tout «accord.
Rien ne la peut jamais assurer qu^ ma moft... Oui, j'en jure les dieux, s'il fayt qu'il vous obtienne, Rien ne peut empêcher sa perte que la mienne; Et peut-être tous deux, l'un par l'autre percés, Nous vous ferons connoitre à quoi vous nous fprç^^-
ARISTIS.
Je ne suis pas, seigneur, d'une telle importaDaç. D'autres soins éteindront cette ardeur ^e veug^^cç; Ceux de voua agrandir vous porterpnt ailleurs, Où vous pourrez trouver quelques destins meilleurs; Ceux de servir Sylla, d'aimer son Emilie, D'imprimer du respect à toute l'Italie, De rendre à votre Rome un jour sa liberté,
' La vôtre y etc. , est an vers de Nicomède, qui esjtbiep pli|S à fa place dam Nicomède qu^ici, parcequ^il si^ mieux à Kicom^e de braver son frère , qu'à Pompée de brayer sa femme.
loo SERTORIUS.
Sauront tourner vos pas de quelque autre côté. Sur-tout ce privilège acquis aux grandes âmes. De changer à leur gré de maris et de femmes, Mérite qu'on Tétale aux bouts de Tunivers, Pour en donner l'exemple à cent climats divers.
POMPÉE
Ah! c'en est trop, madame, et de nouveau je jure '..»
ARISTIE
Seigneur, les vérités font-elles quelque injure?
POMPÉE
Vous oubliez trop tôt que je suis votre époux.
ARISTIE
Ah ! si ce nom vous plaît , je suis encore à vous. Voilà ma main, seigneur.
POMPÉE
Gardez-la-moi, madame.
ARISTIE
Tandis que vous avez à Rome une autre femme?
Que par un autre hymen vous me déshonorez?
Me punissent les dieux que vous avez jurés.
Si, passé ce moment, et hors de votre vue.
Je vous garde une foi que vous avez rompue î»!
POMPÉE
Qu'allez-vous faire? hélas !
' Ce vers fait bien connaître à quel point cette scène de politique amoureuse était difficile à faire. Quand on répète ce qu'on a déjà dit, c'est une preuve qu'on n'a rien à dire.
* n faudrait au moins qu'elle fût sûre d'épouser Sertorius pour parler ainsi.