‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 135 sur 248 · ACTE i, SCÈNE I!l · texte numérisé non relu

ACTE i, SCÈNE I!l

Et que du même sein qui fut ton ori[iiinc

Sorte notre ruine? ,

Peux-tu voir que de la même onde Il ose nattre un tel monstre après toij

Que d'où vint tant de bien au monde Il viense enSn tant de mal et d'efFioi , Et que rheureux berceau de la beauté suprôiiio Enfante l'horreur même?

Venge l'hoDneur de ta naissance Qu'on a souillé par un tel attentat;

Rends-lui sa première innocence.

Et tu rendras le calme à cet état:

Et nous dirons enfin que d'où le mal procède Part aussi le remède.

CASSIOPE

Peuple, elle veut parler; silence à la déesse; Silence, et préparez vos cœurs à l'alégresse. Elle a reçu nos vœux, et les daigne exaucer; Écoutez-en l'effet qu'elle va prononcer.

VÉNUS, au milieu de l'air.

Ne U-emblez plus, mortels; ne tremble plus, n mcre! On va jeter le sort pour la dernièie fois , Et le ciel ne veut plus qu'un choix Pour apaiser de tout point sa colère.

Andromède ce soir aura l'illustre époux Qui seul est digue d'elle, et dont seule elle est difjtic. Préparez son hymen, où, pour faveur insigne, Les dieux ont résolu de se joindre avec vous.

a8o ANDROMÈDE.

PHINÉE, à Céphée.

SoufFrez que sans tarder je porte à ma princesse, Seigneur, Theureux arrêt qu'a donné la déesse.

CÉPHÉE

Allez, Fimpatience est trop juste aux amants ■.

CASSIOPE, r/oyant remonter Vénus.

Suivons-la dans le ciel par Vips remerciements; Et, d'une voix commune adorant sa puissance, Montrons à ses faveurs notre reconnoissance.

CHOEUR

Ainsi toujours sur tes autels Tous les mortels

Offrent leurs cœurs en sacrifice!

Ainsi le Zéphyr en tout temps Sur tes palais de Cythère et d'Éryce Fasse régner les grâces du printemps!

Daigne affermir Theureuse paix Qu a nos souhaits

Vient de promettre ton oracle;

Et fais pour ces jeunes amants.

Pour qui tu viens de faire ce miracle.

Un siècle entier de doux ravissements.

Dans nos campagnes et nos bois

Toutes nos voix Béniront tes douces atteintes; Et dans les rochers d'alentour

' Il semble quil parle d'un habit.

Page 1