‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 162 sur 248 · ACTE IV, SCÈNE I. 3ai · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I. 3ai

Je lui voudrois du mai s'il rRtranrhuit du vôtre, S il vous jjouvoit coûter un soupir pour quelque autre. Et si, quittant pour moi quelques destins meilleurs, Votre devoir laissoit votre tendresse ailleurs. Je vous le dis encor dans ma plus douce attente, Je mourrai trop content si vous vivez contente. Et si, riieur dcma vie ayant sauvé vos jours, ï^a gloire de ma mort assure vos amours.

Adieu. Je vais attendre ou triomphe ou supplice, Cun comme effet de grâce, et l'autre de justice.

ANOBOMÉDE.

A ces profonds respects qu ici vous me rende/. Je ne réplique point, vous me te défendez; IMais, quoique votre amour me condamne au silence. Je vous dirai , seigneur, malgré votre défense. Qu'un héros tel que vous ne saurott ignorer Qu ayant tout mérité l'on doit tout espérer.

SCÈNK 11.

ANDKOMÈDK, cHctun ut nïmpues.

ANIIROMÉDE.

Kymphes, l'auriez-vous cru qu en moins d'une journée

J'aimasse de la sorte un autie que l'hinée?

l^e roi t'a conuuandé, mais de mon sentiment

Je m'offrois en secret à son commandement.

ÏUa flamme impatiente invoquoit sa puissancCf

Et couroit au-devanl de mon obéissance.

Je fais plus; au seul nom de mon piemiei vaiuqiieoi'

L'amour à la colère abandonne mon cœur;

Et ce captif rebelle, ayant brisé sa chaîne ,

Va jusqucs au dédain, s'il ne passe à la haine.

Que direz-vous d un change et si prompt et si grand,

Qui dans ce même cœur moi-même me surprend?

AGLANTE

Que pour faire un bonheur promis par tant d'oracles Cette grande journée est celle des miracles, Et qu il n est pas aux dieux besoin de plus d'efibrt A changer votre cœur qu'à changer votre sort. Cet empire absolu qu'ils ont dessus nos âmes Éteint comme il leur plaît et rallume nos flammes. Et verse dans nos cœurs, pour se faire obéir. Des principes secrets d'aimer et de haïr.

Nous en voyons au vôtre en cette haute estime Que vous nous témoignez pour ce bras magnanime : Au défaut de Famour que Phinée empprtoit, Il lui donnoit dès-lors tout ce qui lui restoit; Dès-lors ces mêmes dieux, dont Tordre s'exécute. Le penchoient du côté qu'ils préparoient sa chute; Et cette haute estime attendant ce beau jour N'étoit qu'un beau degré pour monter à l'amour.

CÉPHALIE.

Un digne amour succède à cette haute estime : Si je puis toutefois vous le dire sans crime, C'est hasarder beaucoup que croire entièrement

L'impétuosité d'un si prompt changement.

Gomme pourvousPhinéeeut toujours queiqueschami

Peut-être il ne lui faut qu'un soupir et deux larmes'

' C'est là iin d«s plus étranges vers qu'on ait jamais faits en

Page 1