‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 173 sur 248 · PHINÉE, AMMON · texte numérisé non relu

PHINÉE, AMMON

AMMON

Vos amis assemblés brûlent tous de vous suivre,

ANDROMÈDE. 33i

Et Jonon dans son temple entre vos mains le livre. <}e rival, presque seul au pied de son autel. Semble attendre à genoux l'hoimeur du coup mortel. 1.^, comme la déesse apwra la victime.

Plus les lieux seront saints, moindre en sera le crime: Et son aveu changeant de nom à I atteutat, Ce sera sacrifice au lieu d'à

Que me sert que Junon, que Neptiuie propice, Que tous les dieux ensemble aiment ce sacrifice, Si la seule déesse à qui je fais des vœux Ne m en voit que d'un œd d autant plus rigoureux, Et si ce coup sensible au cœur de t inhumaine D'un injuste mépris lait une juste haiue?

Ami, quelque tureur qui puisse m' agiter, Je cherche à I acquérir, et non â l'irriter; Et m immoler I objet de sa nouvelle flamme, Ce n'est pas le chemin de reuti-er dans sou ame

A M MON

Mais, seigneur, vous touchez à ce moment fatal Qui pour jamais la donne à cet heureux rival. En cette extrémité que prétendez- vous faire?

PHrNÉE.

Tout, hormis l'irriter; tout, hormis lui déplaire, Soupirer à ses pieds, pleurer à ses genoux, Tieinbler devant sa baine, adorer son courroux',

Coraeille passe puui avoir dôdaigiié de parler d'amour; il e

UDC leale. C'el^I sana douie danâ ctl ouvrage , ijui es! moiiiii Ir. gfdie, moitié •pëm, qu'il devait tiailcr celle p.issioni mnii il falla

AMMON

Quittez, quittez, seigneur, un respect si funeste; Otez-vous ce rival, et hasardez le reste :

En dût-elle à jamais dédaigner vos soupirs, La vengeance elle seule a de si doux plaisirs....

PHINÉE

N'en cherchons les douceurs, ami, que les dernières; Rarement un amant les peut goûter entières; Et quand de sa vengeance elles sont tout le fruit, Ce sont fausses douceurs que Tamertume suit.

La mort de son rival, les pleurs de son ingrate , Ont bien je ne sais quoi qui dans Fabord le flatte; Mais de ce cher pbjet s'en voyant plus haï.

Plus il s'en est flatté, plus il s'en croit trahi. Sous d'éternels regrets son ame est abattue.

Et sa propre vengeance incessamment le tue.

Ce n'est pas que je veuille enfin la négliger : Si je ne puis fléchir, je cours à me venger; Mais souffre à mon amour, mais souffre à ma foiblessc, Encore un peu d'effort auprès de ma princesse. Un amant véritable espère jusqu'au bout Tant qu'il voit un moment qui peut lui rendre tout. L'inconstante, peut-être encor tout étonnée, N'étoit pas bien à soi quand elle s'est donnée : Et la reconnoissance a fait plus que l'amour En faveur d'une main qui lui rendoit le jour. Au sortir du péril, pâle encore et tremblante, L'image de la mort devant ses yeux errante,

en parler autrement , et ne point dire qu*ttn véritable amant espère jusquau bout, etc.

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