‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 197 sur 248 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

D. ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELVIRE

BLANCHE

t>. LÉONOR.

Aujourd'hui donc, madame, Vous allez d'un héros rendre heureuse la flamme, Et, d'un mot, satisfaire aux plus ardents souhaits Que poussent vers le ciel vos fidèles sujets > .

D. ISABELLE

Dites, dites plutôt qu'aujourd'hui, grandes reines. Je m'impose à vos yeux la plus dure des gênes. Et fais dessus moi-niême un illustre attentat Pour me sacrifier au repos de l'état Que c'est un sort fâcheux et triste que le nôtre De ne pouvoir régner (fixe sous les lois d'un autre; Et qu'un sceptre soit cru d'un si grand poids pour nous^ Que pour le soutenir il nous faille un époux ! Â peine ai-je deux mois porté le diadème.

Que de tous les côtés j'entends dire qu'on m'aime;

public, qu'il faut avoir soin de faire Texposition la plus nette et la plus précise.

J*aimerois encor mieux qu'il déclinât son nom , Et dît, Je suis Oreste , on bien Âgamenmon.

^ Des souhaits qu'on pousse! et madame, qui va rendre heureuse la flamme !

* Et Isabelle qui fait un illustre attentat sur elle-même, et un sceptre qui est cru !

Page 1